3 – INTRODUCTION À LA CINÉTIQUE ENZYMATIQUE - RÉACTIONS À UN SUBSTRAT ET UN PRODUIT
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de physiologie. Il va se former à l’étude quantitative des réactions enzymatiques et
de la catalyse dans le laboratoire de Wilhelm OSWALD à Leipzig. Le 20 février 1903, il
obtient le titre de docteur ès Sciences grâce à une thèse intitulée Lois générales de
l’action des diastases dans laquelle il réduit l’activité des agents biologiques aux lois
fondamentales de la chimie-physique et introduit une équation fondamentale
régissant la cinétique des réactions enzymatiques. En 1907, HENRI devient maître de
conférence à la Sorbonne où il enseigne la chimie physique.
Bien qu’il continue à s’intéresser à la matière dans son état colloïdal, c’est à cette époque
qu’il commence à s’intéresser aux interactions entre les radiations électromagnétiques
et la matière biologique, et à la photochimie, un sujet de recherche qu’il poursuivra dans
la suite de sa carrière et qui lui vaudra une nouvelle reconnaissance internationale.
Avec René WURMSER, il montre que les molécules passent, sous l’action de la lumière,
dans un état activé qui est préalable à la réaction elle-même. Cette notion importante
d’état activé sous l’influence de la lumière aura d’importantes applications dans l’étude
de la photosynthèse.
La première guerre mondiale va cependant interrompre ses travaux. Durant cette période,
il est envoyé en Russie où, au titre d’attaché français, il est chargé d’organiser l’industrie
chimique en vue de la défense nationale. Après la révolution d’Octobre, il obtient une
chaire de physiologie à l’Université CHONIAWSKI de Moscou. Il y poursuit ses travaux de
photochimie en analysant et publiant les résultats qu’il avait obtenus à Paris.
En 1920, à son retour de Russie, il est nommé professeur de chimie physique à l’Université
de Zürich où il a pour collègue Hermann WEYL, Erwin SCHRÖDINGER et Peter DEBYE. C’est
pendant son séjour à Zürich qu’il fait une importante découverte dans le domaine de la
physique moléculaire en étudiant la largeur des bandes d’absorption de molécules
gazeuses, la pré-dissociation des molécules dans leur état activé. Il publie ce concept
fondamental de la photochimie dans une monographie intitulée Structures des molécules
(1925). En 1927, il publie avec Réné WURMSER une autre contribution importante pour la
photochimie. Ils comparent le nombre de quanta absorbés au nombre de molécules qui
réagissent et concluent que le principe d’équivalence photochimique établi par Einstein
(selon lequel le nombre de molécules réagissant avec la lumière est égal au nombre de
quanta absorbés) n’est pas respecté car dans la majorité des cas, les phénomènes
mesurés comprennent plusieurs réactions élémentaires successives et le rendement
quantique est différent de un.
En 1930, il quitte Zürich et s’installe à proximité de Marseille où il doit prendre la direction
d’un institut de pétrochimie. Ce projet ne verra jamais le jour et en 1931, Victor HENRI est
nommé titulaire de la chaire de chimie physique à l’Université de Liège. A Liège, il poursuit
ses études de photochimie, développant notamment la spectroscopie des molécules
polyatomiques et commence à s’intéresser à l’activation thermique. Il utilise également la
spectroscopie pour caractériser la structure d’hormones et de vitamines et pour doser
ces molécules. Il retrouve Peter DEBYE, invité à Liège pour un an en tant que titulaire de la
chaire FRANCQUI. En 1933, HENRI publie son cours donné à l’Université de Liège sous le titre
Physique moléculaire : Matière et énergie.
La guerre interrompt une seconde fois ses recherches. En 1940, il rentre en France pour
se mettre au service de la défense nationale et rejoint LANGEVIN au Centre national de
recherche scientifique appliquée française. Il meurt cette année-là à La Rochelle des
suites d’une congestion pulmonaire.
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