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CINÉTIQUE ENZYMATIQUE
Pour contrôler l’acidité du milieu, O’SULLIVAN et TOMPSON ajoutent de l’acide dans
leur préparation d’enzyme jusqu’à atteindre un pH optimum aux environs de pH 4.
De son côté, BROWN prépare l’enzyme d’une manière différente et observe que
l’addition d’acide n’est pas nécessaire (ses solutions sont vraisemblablement
suffisamment tamponnées par les composants naturels de la levure), alors que HENRI
ne mentionne pas ce problème. Deuxièmement, dans ses travaux sur l’invertase,
HENRI utilise la mesure directe de polarimétrie pour calculer la quantité de sucre
qui a réagi et ne tient pas compte de la mutarotation du produit. A cette époque,
seuls O’SULLIVAN et de TOMPSON prenaient en compte la mutarotation du glucose.
Selon SEGAL, il semble cependant que cette mauvaise pratique n’ait par affecté
significativement les résultats de HENRI.
Victor HENRI (1872-1940)
Victor HENRI est l’un des fondateurs de la physicochimie biologique en France. Sa carrière est un bel
exemple de pluridisciplinarité et de mobilité qui n’a
pas empêché HENRI de briller par la nouveauté de ses
idées dans les différents domaines qu’il a abordés.
Comme le mentionne Jean DUCHESNE, Victor HENRI était
un « penseur universel » pour qui les grands problèmes
industriels ne pouvaient être résolus qu’en se basant
sur la science fondamentale, une conception de la
recherche que nous avons peut être trop tendance à
oublier aujourd’hui.
Victor HENRI est né à Marseille le 6 juin 1872, de parents
issus de l’aristocratie russe. Il passe sa jeunesse en
France, puis entreprend, à l’école allemande de
Saint-Pétersbourg, des études classiques qu’il termine
à Paris où il vient s’installer à l’age de 14 ans. Il étudie ensuite à la Sorbonne où il obtient
un certificat de mathématiques et un de sciences naturelles. Il travaille ensuite dans le
laboratoire de philosophie de l’Université de Leipzig et acquiert en 1897 le grade de
docteur en philosophie à l’Université de Göttingen grâce à une thèse intitulée Über die
Raumwahrnehmungen des Tastsinnes (Localisation des sensations du goût). Revenu à
Paris, il s’intéresse à la psychologie et en particulier au stress psychologique des
étudiants. En 1898, il publie avec Alfred BINET un ouvrage intitulé La fatigue intellectuelle,
dans lequel ils présentent de nombreuses données physiologiques – rythmes cardiaques
et respiratoires, pression sanguine, température corporelle, sensibilité cutanée –
mesurées lors d’activités intellectuelles et qui fut longtemps cité en référence.
Convaincu que la psychologie repose sur la physiologie et finalement sur la physique
et la chimie moléculaire, il poursuit sa formation comme assistant à la Sorbonne dans
le laboratoire du professeur Albert DASTRE qui a été un élève de Claude BERNARD et est
un fervent défenseur de l’application des études physico-chimiques à des problèmes
CINÉTIQUE ENZYMATIQUE
Pour contrôler l’acidité du milieu, O’SULLIVAN et TOMPSON ajoutent de l’acide dans
leur préparation d’enzyme jusqu’à atteindre un pH optimum aux environs de pH 4.
De son côté, BROWN prépare l’enzyme d’une manière différente et observe que
l’addition d’acide n’est pas nécessaire (ses solutions sont vraisemblablement
suffisamment tamponnées par les composants naturels de la levure), alors que HENRI
ne mentionne pas ce problème. Deuxièmement, dans ses travaux sur l’invertase,
HENRI utilise la mesure directe de polarimétrie pour calculer la quantité de sucre
qui a réagi et ne tient pas compte de la mutarotation du produit. A cette époque,
seuls O’SULLIVAN et de TOMPSON prenaient en compte la mutarotation du glucose.
Selon SEGAL, il semble cependant que cette mauvaise pratique n’ait par affecté
significativement les résultats de HENRI.
Victor HENRI (1872-1940)
Victor HENRI est l’un des fondateurs de la physicochimie biologique en France. Sa carrière est un bel
exemple de pluridisciplinarité et de mobilité qui n’a
pas empêché HENRI de briller par la nouveauté de ses
idées dans les différents domaines qu’il a abordés.
Comme le mentionne Jean DUCHESNE, Victor HENRI était
un « penseur universel » pour qui les grands problèmes
industriels ne pouvaient être résolus qu’en se basant
sur la science fondamentale, une conception de la
recherche que nous avons peut être trop tendance à
oublier aujourd’hui.
Victor HENRI est né à Marseille le 6 juin 1872, de parents
issus de l’aristocratie russe. Il passe sa jeunesse en
France, puis entreprend, à l’école allemande de
Saint-Pétersbourg, des études classiques qu’il termine
à Paris où il vient s’installer à l’age de 14 ans. Il étudie ensuite à la Sorbonne où il obtient
un certificat de mathématiques et un de sciences naturelles. Il travaille ensuite dans le
laboratoire de philosophie de l’Université de Leipzig et acquiert en 1897 le grade de
docteur en philosophie à l’Université de Göttingen grâce à une thèse intitulée Über die
Raumwahrnehmungen des Tastsinnes (Localisation des sensations du goût). Revenu à
Paris, il s’intéresse à la psychologie et en particulier au stress psychologique des
étudiants. En 1898, il publie avec Alfred BINET un ouvrage intitulé La fatigue intellectuelle,
dans lequel ils présentent de nombreuses données physiologiques – rythmes cardiaques
et respiratoires, pression sanguine, température corporelle, sensibilité cutanée –
mesurées lors d’activités intellectuelles et qui fut longtemps cité en référence.
Convaincu que la psychologie repose sur la physiologie et finalement sur la physique
et la chimie moléculaire, il poursuit sa formation comme assistant à la Sorbonne dans
le laboratoire du professeur Albert DASTRE qui a été un élève de Claude BERNARD et est
un fervent défenseur de l’application des études physico-chimiques à des problèmes
