3 – INTRODUCTION À LA CINÉTIQUE ENZYMATIQUE - RÉACTIONS À UN SUBSTRAT ET UN PRODUIT
57
de l’anatomie et du comportement de ces arthropodes. Ces ouvrages sont écrits dans un
style clair et vivant sans perdre la rigueur et la précision nécessaires à un exposé
scientifique. Ces deux qualités seront reconnues et louées plus tard par Jean-Henri FABRE,
un entomologiste de renom de la fin du XIX
e siècle.
En 1752, RÉAUMUR réalise des expériences dans lesquelles il démontre que la digestion de
la viande par des oiseaux de proie résulte de l’action chimique du suc gastrique plutôt que
d’une action mécanique. Il fait avaler à des rapaces des tubes contenant de la viande et
qui sont fermés à leurs extrémités par un bouchon grillagé. Lorsque les oiseaux
régurgitent les tubes, il constate que la viande est partiellement digérée. Dans son Second
mémoire sur la digestion (1752), il écrit :
La digestion est opérée par la seule action d’un dissolvant
et par la fermentation qu’il fait naître.
RÉAUMUR ne s’est jamais marié et a consacré sa vie à sa carrière académique et scientifique. Il meurt en 1757 dans sa propriété de La Bermondière, à St-Julien-du-Terroux, des
suites d’une chute de cheval.
3.1.2. Les premières études de la cinétique enzymatique et le
développement du concept du complexe enzyme-substrat
L’étude de la vitesse des réactions catalysées par des enzymes débute dans la
seconde moitié du XIX
e siècle, à un moment où la cinétique chimique est en plein
développement. A cette époque la majorité des études étaient réalisées avec des
enzymes impliqués dans des processus de fermentation, en particulier l’invertase 1 ,
qui catalyse l’hydrolyse du saccharose figure 3.1.
L’étude de la cinétique d’hydrolyse du saccharose en présence de différents acides
avait conduit au développement des équations de vitesse et avait finalement amené
GULDBERG et WAAGE à proposer en 1864 la loi d’action de masses et ensuite
VAN’T HOFF à définir la constante d’équilibre d’une réaction réversible comme le
rapport des vitesses dans les directions directe et inverse. A la fin du XIX
e siècle, les
fondements théoriques de la cinétique chimique sont donc établis et la question qui
intrigue les savants de l’époque est de savoir si la cinétique des réactions catalysées
par les enzymes peut être décrite par les mêmes lois. Les enzymes sont associés à
des réactions du monde vivant et la démonstration que ces composés obéissent aux
mêmes lois que les réactions chimiques a, à l’époque, une portée beaucoup plus
profonde que la résolution d’un problème de cinétique de réaction.
1. Dans la nomenclature internationale, l’invertase est aujourd’hui connue sous le
nom de b-fructo-furanosidase.
57
de l’anatomie et du comportement de ces arthropodes. Ces ouvrages sont écrits dans un
style clair et vivant sans perdre la rigueur et la précision nécessaires à un exposé
scientifique. Ces deux qualités seront reconnues et louées plus tard par Jean-Henri FABRE,
un entomologiste de renom de la fin du XIX
e siècle.
En 1752, RÉAUMUR réalise des expériences dans lesquelles il démontre que la digestion de
la viande par des oiseaux de proie résulte de l’action chimique du suc gastrique plutôt que
d’une action mécanique. Il fait avaler à des rapaces des tubes contenant de la viande et
qui sont fermés à leurs extrémités par un bouchon grillagé. Lorsque les oiseaux
régurgitent les tubes, il constate que la viande est partiellement digérée. Dans son Second
mémoire sur la digestion (1752), il écrit :
La digestion est opérée par la seule action d’un dissolvant
et par la fermentation qu’il fait naître.
RÉAUMUR ne s’est jamais marié et a consacré sa vie à sa carrière académique et scientifique. Il meurt en 1757 dans sa propriété de La Bermondière, à St-Julien-du-Terroux, des
suites d’une chute de cheval.
3.1.2. Les premières études de la cinétique enzymatique et le
développement du concept du complexe enzyme-substrat
L’étude de la vitesse des réactions catalysées par des enzymes débute dans la
seconde moitié du XIX
e siècle, à un moment où la cinétique chimique est en plein
développement. A cette époque la majorité des études étaient réalisées avec des
enzymes impliqués dans des processus de fermentation, en particulier l’invertase 1 ,
qui catalyse l’hydrolyse du saccharose figure 3.1.
L’étude de la cinétique d’hydrolyse du saccharose en présence de différents acides
avait conduit au développement des équations de vitesse et avait finalement amené
GULDBERG et WAAGE à proposer en 1864 la loi d’action de masses et ensuite
VAN’T HOFF à définir la constante d’équilibre d’une réaction réversible comme le
rapport des vitesses dans les directions directe et inverse. A la fin du XIX
e siècle, les
fondements théoriques de la cinétique chimique sont donc établis et la question qui
intrigue les savants de l’époque est de savoir si la cinétique des réactions catalysées
par les enzymes peut être décrite par les mêmes lois. Les enzymes sont associés à
des réactions du monde vivant et la démonstration que ces composés obéissent aux
mêmes lois que les réactions chimiques a, à l’époque, une portée beaucoup plus
profonde que la résolution d’un problème de cinétique de réaction.
1. Dans la nomenclature internationale, l’invertase est aujourd’hui connue sous le
nom de b-fructo-furanosidase.
