12 – ESTIMATION DES CONSTANTES CINÉTIQUES
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d'analyse et qu'un grand nombre de celles-ci sont trop compliquées pour être
abordées d'une autre manière. Elle est toutefois erronée parce qu'elle néglige deux
points : premièrement l'œil humain est beaucoup plus performant pour reconnaître
un comportement particulier ou inattendu que n'importe quel logiciel existant
aujourd'hui ; deuxièmement, tous les logiciels reposent sur des hypothèses concernant les propriétés des erreurs expérimentales présentes dans les données et si cellesci ne sont pas appropriées, les résultats fournis par un logiciel ne seront pas meilleurs
que ceux qui seraient obtenus à partir d'un graphique mal tracé. Il est évident que de
nombreux utilisateurs de ces logiciels sont généralement mal informés au sujet de
ces hypothèses, et de nombreux articles renferment des affirmations inconsistantes.
Ainsi, par exemple, dans les cas où des observations auxquelles sont attribuées un
pourcentage d'incertitude approximativement uniforme, sont traitées en leur donnant
une pondération égale. Comme nous allons le voir ci-dessous, une pondération égale
est appropriée pour des observations caractérisées par des incertitudes uniformes
lorsque celles-ci sont exprimées en valeur absolue et non lorsqu'elles sont exprimées
comme des pourcentages.
L'utilisation aveugle d'un logiciel écrit par quelqu'un d'autre est rarement un procédé sûr. Il ne peut du moins transformer une expérience mal préparée en une
expérience réussie et il ne peut extraire une information précise à partir de
mauvaises données. Néanmoins, il est irréaliste de demander aujourd'hui à tous les
utilisateurs d'ordinateur d'écrire leurs propres logiciels et, de plus, de nombreux
logiciels d'ajustement des données de cinétiques enzymatiques sont déjà disponibles. A condition d'être utilisés avec certaines précautions, ceux-ci peuvent se
révéler être des outils très utiles. Ce chapitre constitue une introduction de la
théorie mais une description plus détaillée peut être obtenue dans un autre livre
(CORNISH-BOWDEN, 1995b) qui inclut un logiciel permettront d'implémenter les
méthodes décrites sur un PC ou sur d'autres ordinateurs compatibles.
Avant de terminer cette discussion sur les graphiques, nous devrions noter que leur
fonction s'étend au-delà de l'analyse des données, qui est en effet réalisée plus
efficacement avec l'aide d'un ordinateur ; ils jouent également un rôle essentiel
dans l'illustration des résultats de l'analyse. Si les lecteurs d'une publication scientifique voient, comme ils le font de plus en plus fréquemment, des valeurs de paramètres qui ne sont accompagnées d'aucune indication sur la manière dont celles-ci
ont été obtenues, à l'exception de l'affirmation que « les données ont été ajustées
sur l'équation de MICHAELIS et MENTEN » (PORTARO et al., 2000) ou que les paramètres « ont été calculés par ajustement des données à l'aide du logiciel GRAFIT »
(STABILE, CURTI et VANONI, 2000), ils n'ont aucun moyen de juger si l'ajustement
a été réalisé en utilisant une pondération appropriée et en vérifiant la présence
d'une erreur systématique. Ils n'ont aucune raison d'avoir confiance dans les
données qui sont présentées. Accompagner les résultats quantitatifs au moins par
un graphique qui illustre la qualité et la quantité de données devrait être considéré
comme une nécessité. Inversement, la pression des éditeurs pour éliminer ce qu'ils
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