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CINÉTIQUE ENZYMATIQUE
Notons que les formes de ces courbes ne sont pas toutes identiques : le maximum
forme un plateau lorsque la valeur de (pK 2 –pK 1 ) augmente, alors que le profil
ressemble à un V inversé lorsque cette valeur diminue ou devient négative. La
valeur du maximum est inférieure à 1 sauf si la valeur de (pK 2 –pK 1 ) est supérieure
à 3. En conséquence, les valeurs de pH pour lesquelles [] []
EH
HE
−−
+
prend
une valeur équivalant à la moitié de sa valeur maximale ne correspondent pas à pK 1
et pK 2 . La relation entre la largeur à mi-hauteur de la courbe et la valeur de
(pK 2 –pK 1 ) est donnée dans le tableau 8.1. Ce tableau permet de convertir les
mesures du pH pour lesquelles la valeur de l’ordonnée est égale à la moitié de sa
hauteur maximale en valeurs de pK a moléculaire. Néanmoins, même si les valeurs
de pK 1 et pK 2 sont estimées correctement, les valeurs des constantes individuelles
de dissociation restent indéterminées, sauf si des arguments de plausibilité sont
invoqués, qui impliquent des hypothèses invérifiables (DIXON, 1976)
Tableau 8.1 - Relation entre la largeur à mi-hauteur et la valeur de pK 2 – pK 1
pour des profils de pH ayant des formes de courbe en cloche
La méthode la plus pratique pour calculer la différence de pK a à partir de la largeur à mihauteur est celle suggérée par DIXON (1979) : elle définit la largeur à mi-hauteur comme
2 log q ; alors pK 2 – pK 1 = 2 log (q – 4 + 1/q).
Largeur à
mi-hauteur
pK 2 – pK 1
Largeur à
mi-hauteur
pK 2 – pK 1
Largeur à
mi-hauteur
pK 2 – pK 1
1,14*
∞
−
2,1
1,73
3,1
3,00
1,2
–1,27
2,2
1,88
3,2
3,11
1,3
–0,32
2,3
2,02
3,3
3,22
1,4
0,17
2,4
2,15
3,4
3,33
1,5
0,51
2,5
2,28
3,5
3,44
1,6
0,78
2,6
2,41
3,6
3,54
1,7
1,02
2,7
2,53
3,7
3,65
1,8
1,22
2,8
2,65
3,8
3,76
1,9
1,39
2,9
2,77
3,9
3,86
2,0
1,57
3,0
2,88
4,0**
3,96
* La largeur à mi-hauteur de la courbe définie par l’équation [8.28] ne peut pas être
inférieure à 1,14.
** Lorsque la largeur à mi-hauteur est supérieure à 4, la différence de pK a ne diffère pas de
cette largeur par plus de 1%.
Bien que le tableau 8.1 autorise des valeurs négatives de (pK 2 – pK 1 ), celles-ci sont
seulement possibles si la libération des protons est coopérative, c’est-à-dire si la
perte d’un proton par un groupe augmente la tendance de l’autre groupe à perdre
son proton. Ce comportement n’est pas impossible, mais pour des raisons électrostatiques celui-ci est improbable. En réalité, la plus petite valeur que (pK 2 – pK 1 )
puisse prendre sans impliquer de coopérativité est +0,6, qui correspond à une
largeur à mi-hauteur de 1,53. En pratique donc, des courbes en cloche plus abruptes
que cela sont très rares.
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