CHAPITRE IV DISCUSSION
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L’évolution saisonnière du poids sec des feuilles de P. oceanica est corrélée avec celle du PAR
(r=0.51). Par contre il n’y a pas de corrélation avec la température de l’eau. La surface foliaire est
aussi positivement corrélée avec l’intensité lumineuse et le PAR (r=0.55, r=0.57, respectivement).
Et les cycles saisonniers de biomasse et de la surface foliaire suivent celui de la lumière reçue à
10 m (Figure III.3 et III.4). Ces résultats sont en accord avec les observations d’ALCOVERRO et
al. (1995) qui rapportent l’existence d’une relation directe entre l’intensité lumineuse et la taille
des faiseaux.
La pression des herbivores sur l’herbier est estimée par le coefficient A qui traduit la proportion
de feuilles présentant une altération. Il est important de noter que les feuilles présentent parfois
plutôt des cassures que des marques de broutage. En effet selon GOBERT (2002), ces dernières se
produisent sous l’action des tempêtes en hiver et en début de printemps. Les valeurs les plus
élevées sont calculées entre mai et août. Selon les observations de terrain de JADOT et al. (2002),
ces maxima coïncident avec une occurrence élevée du poisson Sarpa salpa à 10 m de profondeur
la fin du printemps et en été.
IV.3. Cycle saisonnier à 10 m des hydrates de carbone non structuraux et relations avec les
paramètres environnementaux et physiologiques
Des concentrations plus élevées en sucres solubles (moyenne annuelle de 184.70 mg.gPS
-1
) et en
amidon (moyenne annuelle de 35.25 mg.gPS
-1
) ont été systématiquement mesurées dans le 1
er
cm
de rhizome contrairement à la 3
ème
feuille du faisceau (moyenne annuelle de 42.44 mg.gPS
-1
en
sucres solubles et de 16.81 mg.gPS
-1
en amidon). Ces teneurs plus élevées dans les rhizomes tendent
bien à démontrer que ce dernier sert d’organe de stockage et de réserves. D’autres travaux sur
différentes espèces de magnoliophytes marines dont P. oceanica ont rapporté cette fonction de
stockage des tissus endogés (PIRC 1985, 1988 ; BURKE et al., 1996 ; LEE et DUNTON, 1996 ;
JIANG et al, 2013). Cette préférence pour les rhizomes comme structure de stockage plutôt que
les feuilles présente l’avantage certain de minimiser la perte par le broutage, la sénescence et la
chute de ces dernières.
Les concentrations en sucres solubles sont supérieures à celles de l’amidon aussi bien dans le
rhizome que dans la 3
ème
feuille. Les mêmes différences s’observent chez d’autres espèces de
magnoliophytes marines dont T. testudinum (LEE et DUNTON, 1996), Z. marina (BURKE et al.,
1996 ; VICHKOVITTEN et al., 2007) et T. hemprichii (JIANG et al., 2013). BURKE et al. (1996)
suggèrent qu’il est plus intéressant de stocker des sucres solubles que de l’amidon. Contrairement
à l’amidon, les sucres solubles sont un substrat immédiat pour la respiration ce qui permet
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Etude échophysiologique de Posidonia oceanica (L.) Delile - 39/55

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