Chapitre 2: Du Bassin Versant au Canyon Sous-marin
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contexte tectonique régional peut modifier par exemple le profil longitudinal d’un canyon. Le
tracé général du corps du canyon, qui a tendance à être rectiligne lorsque la pente est forte, peut
devenir sinueux localement suite à une augmentation de l’inclinaison de la pente ou si le
déplacement des méandres sont restreints spatialement par des failles (Babonneau et al., 2002 ;
Hagen et al., 1996 ; Antobreh et Krastel, 2006). L’orientation de l’axe des canyons est ainsi
influencée par les structures sous-jacentes telles que les escarpements de failles (Exemple :
Canyon de Capbreton (Gaudin et al., 2006), des dômes salifères (Antobreh et Krastel, 2006) ou
des reliefs topographiques (Cronin et al., 2005).
 Le cas particulier de la crise Messinienne en Méditerranée
Durant le Miocène Supérieur, la Crise de Salinité Messinienne (MSC entre 5,9 MA à 5,32 MA
(Hsü et al., 1973) a provoqué dans le bassin Méditerranéen une baisse dramatique du niveau
marin relatif de 1200 m à de 1500 m de profondeur (Réhault, 1981 ; Malinverno et al., 1983).
Cette baisse a provoqué une érosion significative du plateau et de la pente continentale (Ryan,
1976) sur tout le pourtour du Bassin Méditerranéen. Cette crise a particulièrement affecté la
physiographie de la marge Algérienne. Bien que la reconstitution de la morphologie de la marge
méditerranéenne au commencement de la crise et l’étude des séries sédimentaires du Miocène
moyen-supérieur rarement préservées de l’érosion soient difficiles (Cravatte et al., 1974 ; Lofi et
al., 2005), de récentes études ont identifié des structures morphologiques incisant profondément
la pente continentale (Berné et al., 1999).
L’assèchement du bassin Méditerranéen a aussi permis une érosion subaérienne du plateau,
formant ainsi des paléo-vallées messiniennes (Exemple : paléo-Rhône (Gorini et al., 2005). Ces
structures érosives sont interprétées comme des paléo-canyons enfouis pré-messiniens (Lofi et
Berné, 2008).
2.3.6
L’activité des canyons sous-marins
L’activité d’un canyon est définie par sa capacité de transport des particules sédimentaires et de
leur régularité vers le bas de la pente continentale (Babonneau et al., 2002). L’activité d’un
canyon dépend donc fortement de la localisation de la tête du canyon sur la marge continentale,
de sa connexion avec un système fluviatile subaérien et de la variation des apports de la source
au cours du temps (Babonneau et al., 2002).
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