Chapitre 2: Du Bassin Versant au Canyon Sous-marin
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En bas de pente on retrouverait donc au-dessus des dépôts de déstabilisation une alternance de
dépôts issus de la plateforme avec des dépôts de déstabilisation dus à l’action érosive des
écoulements continus sur les flancs et le fond du canyon lorsque celui est connecté à un réseau
fluviatile (canyon mature).
D. Autres facteurs contrôlant la mise en place des canyons sous-marins
En plus des écoulements gravitaires, des apports sédimentaires continentaux, des variations du
niveau marin relatif et des processus d’érosion décrits dans les chapitres précédents, d’autres
facteurs sont capables de contrôler la mise en place, la formation et l’évolution des canyons sousmarins.
 Le rôle des fluides
La localisation de canyons « sans-tête » sur les flancs de structures anticlinales au pied d’un
prisme d’accrétion en contexte de marge active (Exemple : Subduction de la plaque de Juan de
Fuca sous la plaque Nord-américaine) exclut leur formation par l’action d’écoulements
gravitaires, mais serait associée à des sorties de fluides actives (présence de tubes de ver) ou
inactives (Orange et Breen, 1992). Leur origine serait associé à des pockmarks (Jobe et al., 2011)
ou à des glissements générés par l’expulsion de ces fluides (Orange et al., 1997 ; Green et al.,
2007 ; Harris et Whiteway, 2011). En effet, ce contexte tectonique en compression provoque la
compaction des roches sédimentaires de porosité originelle de 50% jusqu’à des valeurs
inférieures ou égales à 10%, générant alors l’expulsion des fluides interstitiels. L’excès de
pression génère une force de suintement s’appliquant dans la direction d’expulsion des fluides et
proportionnelle au gradient de la charge hydraulique. Si la combinaison de cette force de
suintement et des forces gravitationnelles est plus grande que la capacité de la couche
sédimentaire à résister à tout mouvement vers le bas de la pente, il y a déstabilisation des dépôts
(Orange et al., 1997). Les glissements générés dans la zone déstabilisée augmentent le
déséquilibre de pression entre les sédiments et le fond marin, augmentant ainsi la probabilité de
nouvelles ruptures. La répétition de ces glissements entraine une érosion des dépôts du bas vers
le haut de pente continentale et la formation de « canyons sans-tête » (Orange et al., 1997).
 Le forçage tectonique
La tectonique peut, dans certains cas, jouer un rôle prédominant dans les processus à l’origine de
la mise en place des canyons, mais également dans leur évolution au cours du temps. En effet, le
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Evaluation géomorphologique de la marge continentale Ouest Algérienne (Oran - Ténés ) - 78/197

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