Chapitre 2: Du Bassin Versant au Canyon Sous-marin
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Les premiers auteurs ont tout de suite établi un lien morphologique entre les canyons sousmarins et les réseaux fluviatiles. Dès 1903, Spencer propose que ces structures correspondent à
des anciens lits de rivières submergés à la fin des glaciations Pléistocène par la remontée du
niveau marin. Cette hypothèse soutenue par Shepard (1939) et reprise par Dauvillier (1961), pour
expliquer la formation du canyon de Capbreton, qui défend l’idée d’une chute très importante
(300 m) du niveau marin pour expliquer le creusement de ces vallées sous-marines.
Cette hypothèse est contredite par Bourcart (1958) qui s’appuie sur les travaux des géologues du
Quaternaire pour préciser que les régressions marines ne pouvaient dépasser 200 m. Il reste
cependant attaché au lien très fort avec un réseau fluviatile pour expliquer le creusement des
canyons méditerranéens. N’étant pas partisan de leur formation par les courants de turbidités, il
fait l’hypothèse d’un mouvement de bascule de la pente continentale qui submergerait les
anciens lits de rivières alors converties en canyons sous-marins. Pour Bourcart, les courants de
turbidités et les processus de cascading liés aux plongées d’eaux froides sur la plateforme
expliquent seulement l’entretien de la morphologie en dépression des canyons en évitant leur
remplissage par la sédimentation marine continue.
B. Les écoulements gravitaires (érosion du haut vers le bas)
La découverte d’écoulements chargés en sédiments a d’abord eu lieu en milieu lacustre (Forel,
1892). Dans le lac Léman, l’auteur montre l’existence de courants de turbidités et leur relation
avec des ravines sous-marines. Cette découverte permet à Daly (1936) et Kuenen (1950) de
proposer que les courants de turbidités jouent un rôle majeur dans la formation et l’érosion des
canyons en lien avec les variations du niveau marin. L’étude de la rupture de câbles sous-marins
après le tremblement de terre du « Grand Banc » de Terre Neuve (Canada) en 1929 confirme le
rôle majeur des courants de turbidités en mettant en lumière leur grande capacité érosive. Heezen
et Ewing (1952) renforcent l’idée du rôle majeur des courants de turbidité dans la formation des
canyons en donnant pour la première fois des vitesses de courant (100 km/h) prouvant ainsi leur
fort pouvoir érosif. Pratson et al. (1994) vont par la suite montrer le lien entre les canyons et les
sédiments du plateau continental et vont introduire le concept de formation des canyons du «
haut vers le bas ». C’est l’action des fleuves en crue qui génèrerait des courants de haute densité
à fort pouvoir érosif, ou des accumulations sédimentaires dont la déstabilisation provoquerait des
avalanches, d’abord sous forme de glissements en masse puis évoluant en écoulements
laminaires ou turbulents.
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Les premiers auteurs ont tout de suite établi un lien morphologique entre les canyons sousmarins et les réseaux fluviatiles. Dès 1903, Spencer propose que ces structures correspondent à
des anciens lits de rivières submergés à la fin des glaciations Pléistocène par la remontée du
niveau marin. Cette hypothèse soutenue par Shepard (1939) et reprise par Dauvillier (1961), pour
expliquer la formation du canyon de Capbreton, qui défend l’idée d’une chute très importante
(300 m) du niveau marin pour expliquer le creusement de ces vallées sous-marines.
Cette hypothèse est contredite par Bourcart (1958) qui s’appuie sur les travaux des géologues du
Quaternaire pour préciser que les régressions marines ne pouvaient dépasser 200 m. Il reste
cependant attaché au lien très fort avec un réseau fluviatile pour expliquer le creusement des
canyons méditerranéens. N’étant pas partisan de leur formation par les courants de turbidités, il
fait l’hypothèse d’un mouvement de bascule de la pente continentale qui submergerait les
anciens lits de rivières alors converties en canyons sous-marins. Pour Bourcart, les courants de
turbidités et les processus de cascading liés aux plongées d’eaux froides sur la plateforme
expliquent seulement l’entretien de la morphologie en dépression des canyons en évitant leur
remplissage par la sédimentation marine continue.
B. Les écoulements gravitaires (érosion du haut vers le bas)
La découverte d’écoulements chargés en sédiments a d’abord eu lieu en milieu lacustre (Forel,
1892). Dans le lac Léman, l’auteur montre l’existence de courants de turbidités et leur relation
avec des ravines sous-marines. Cette découverte permet à Daly (1936) et Kuenen (1950) de
proposer que les courants de turbidités jouent un rôle majeur dans la formation et l’érosion des
canyons en lien avec les variations du niveau marin. L’étude de la rupture de câbles sous-marins
après le tremblement de terre du « Grand Banc » de Terre Neuve (Canada) en 1929 confirme le
rôle majeur des courants de turbidités en mettant en lumière leur grande capacité érosive. Heezen
et Ewing (1952) renforcent l’idée du rôle majeur des courants de turbidité dans la formation des
canyons en donnant pour la première fois des vitesses de courant (100 km/h) prouvant ainsi leur
fort pouvoir érosif. Pratson et al. (1994) vont par la suite montrer le lien entre les canyons et les
sédiments du plateau continental et vont introduire le concept de formation des canyons du «
haut vers le bas ». C’est l’action des fleuves en crue qui génèrerait des courants de haute densité
à fort pouvoir érosif, ou des accumulations sédimentaires dont la déstabilisation provoquerait des
avalanches, d’abord sous forme de glissements en masse puis évoluant en écoulements
laminaires ou turbulents.
