Chapitre 2: Du Bassin Versant au Canyon Sous-marin
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Les courants de haute densité sont définis par Wright et al. (1990) comme des courants qui se
forment directement dans un fleuve. Mulder et Syvitski (1995) les définiront comme le
prolongement en mer d’un écoulement turbide d’un fleuve en crue (courants hyperpycnaux).
C. Erosion régressive (du bas vers le haut)
Au début des années 80, Shepard fait le point sur le développement des canyons sous-marins à
partir des données acquises au cours de la seconde moitié du 20
ème siècle. Ces travaux révèlent
que la formation des canyons est complexe, et que les différentes hypothèses qui existantes sont
en partie correctes mais ne tiennent pas compte des autres processus comme les processus
biologiques, la déstabilisation des flancs de canyons, etc. Les similitudes entre les systèmes
fluviatiles et les systèmes sous-marins semblent impliquer un processus commun responsable de
leur formation.
Les études menées sur la pente continentale de la côte Est des Etats-Unis (McGregor et al., 1982
; Twichell et Roberts, 1982) relancent la question de l’origine des canyons sous-marins.
Farre et al. (1983) proposent que la formation des canyons sous-marins se fasse à partir de
ravines créées sur la pente par des déstabilisations gravitaires. Ces déstabilisations fragilisent le
matériel sus-jacent qui est à terme lui aussi déstabilisé. Ainsi les ravines remontent la pente par
érosion régressive. Certaines atteignent le bord du plateau et un nouveau mode d’érosion est
alors possible par apports directs de sédiments remaniés par les processus sédimentaires sur la
plateforme (Fig.2.13).
L’érosion étant maximum dans le chenal axial, les vallées tributaires se retrouvent perchées. Le
terme final de l’évolution d’un canyon consiste en sa connexion avec un réseau fluviatile
lorsqu’il a suffisamment érodé la plateforme. Farre et al. (1983) définissent des degrés de
maturité pour la formation des canyons sous-marins depuis un canyon juvénile lorsqu’il est
confiné sur la pente continentale jusqu’à un canyon mature lorsqu’il a incisé la plateforme et
s’est connecté à un système fluviatile. Cette hypothèse implique que lorsque le canyon est
localisé sur la pente (canyon juvénile) les dépôts en bas de pente sont constitués d’abord de
produits de déstabilisations avec un régime d’apport de type coulées de débris pouvant évoluer
en écoulement turbulent. Ces dépôts sédimentaires ne contiennent que des sédiments dérivés de
l’érosion de la pente continentale. Ensuite, lorsque la tête du canyon atteint le rebord de pente
(canyon mature), la nature des sédiments change avec des sources sédimentaires sur le plateau.
Les courants de turbidités avec du matériel remanié depuis la plateforme sont plus nombreux.
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