Chapitre 2: Du Bassin Versant au Canyon Sous-marin
72
Les canyons des Types 1 et 2 sont plus nombreux sur les marges actives (118 canyons) que sur
les marges passives (34 canyons) (Fig.2.12). Beaucoup sont localisés sur les marges ouest de
l’Amérique. Ils sont préférentiellement localisés dans les zones géographiques qui exportent
beaucoup de sédiments vers les marges (par le biais des fleuves ou des glaciers) que dans les
zones où le transit de sédiments vers l’offshore est faible. Ces observations concordent avec le
fait que certains canyons sont formés par des courants de turbidité.
La longueur moyenne des canyons varie de 26,5 km en Méditerranée à 65,2 km dans l’Arctique.
Les canyons les plus longs (80 km en moyenne) sont ceux associés à des cours d’eau à Terre
(Type 1). Le canyon le plus long au monde est le canyon de Bering en Alaska, il mesure 411 km
de long (Normark et Carlson, 2003).
Les marges continentales dont les pentes sont plus abruptes ont les canyons les plus courts, c’est
notamment le cas en Méditerranée, où la pente est très forte (6,5°), au-dessus de la moyenne
mondiale (5,1°), mais pas en Arctique, où les canyons sont longs et les marges sont très abruptes
(7,3°).
La région méditerranéenne possède les canyons les plus ramifiés, en moyenne 12,9 ramifications
pour 100.000 km
2 alors que la moyenne est nettement en dessous de 3,3/100.000 km
2 pour les
marges passives et 7,2/100.000 km
2 pour les marges actives.
La conclusion de cette étude montre des différences significatives de la plupart des paramètres
mesurés entre les canyons de marge active et ceux des marges passives (Fig.2.12), mais aussi
met en valeur des phénomènes régionaux tels ceux qui caractérisent les canyons méditerranéens.
L’évolution des canyons peut être expliquée par des processus reliés aux trois types de canyons.
Les canyons de type 1 et 2 vont évoluer sous l’action érosive de courants de turbidité, et/ou par
érosion régressive à la tête des canyons. En revanche, les canyons de type 3 vont seulement se
développer par érosion régressive puisqu’ils sont totalement indépendants des courants de
turbidités provenant du plateau continental.
La Méditerranée apparaît comme une région généralement différente dans le développement de
ses canyons. L’histoire récente du bassin méditerranéen expliquer vraisemblablement cette
particularité avec l’évènement messinien, mais également les phénomènes tectono-sédimentaires
(uplifts, et progradation des marges) depuis la fin du Miocène.
Précédent

Evaluation géomorphologique de la marge continentale Ouest Algérienne (Oran - Ténés ) - 72/197

Suivant