CHAPITRE IV. DISCUSSIONS
164
Les aires de répartitions préférentielles des Medusozoa varient selon les saisons et les régions.
Sur la côte occidentale (aire marine protégée des îles Habibas), le maximum (moyenne de 70
ind.m
-3 ) est printanier (année 2012). Plus au centre (baie de Bou Ismail), les concentrations
sont maximales (moyenne de 105 ind.m
-3 ) durant le printemps 2013. Au sein de cette même
baie, le maximum (moyenne de plus de 50 ind.m
-3
) est également conservé durant l’été 2013
et l’hiver 2014. Au niveau de la baie d’Alger, les abondances optimales (35 ind.m
-3 en
moyenne) ont été prélevées lors de la période estivale de l’année 2016. De la fin de la période
hivernale jusqu’à la période estivale, le développement et la multiplication des Medusozoa
seraient favorisés (Gili et al., 1988). Parmi celles-ci, les analyses multivariées ont identifié un
groupe de 7 espèces principales (Muggiaea atlantica, Abylopsis tetragona, Lensia subtilis,
Chelophyes appendiculata, Rhopalonema velatum, Aglaura hemistoma et Pelagia noctiluca).
Celles-ci sont fréquentes, abondantes et sont considérées comme des indicateurs écologiques.
A titre d’exemple, les populations de Muggiaea atlantica ont une origine Atlantique (Bouillon
et al., 2004; Pestorić et al., 2012). Il est à noter qu’en Méditerranée, le genre Muggieae est
représenté principalement par M. kochii; elle était auparavant considérée comme dominante
(Batistić et al., 2013; Touzri et al., 2012). Certaines observations sur les côtes Tunisiennes,
ont signalé M. kochii au premier rang d’importance quantitative (Touzri et al., 2012).
Néanmoins, par ailleurs, depuis la décennie 80, M atlantica a colonisé progressivement la
Méditerranée occidentale; ses aires de répartitions y se sont étendues jusqu’aux mers Catalane
(Sabatés et al., 2010; Guerrero et al., 2016), de Ligure (Licandro et Ibanez, 2000; Licandro et
al., 2012), et Adriatique (Batistić et al., 2007; Pestorić et al., 2012). Elles abondent durant les
périodes printanières et estivales dans les eaux néritiques des régions tempérées (Bouillon et
al., 2004; Pestorić et al., 2012; Mapstone, 2014). L’espèce Aglaura hemistoma montre ces
mêmes affinités (Sabatés et al., 2010), malgré qu’elle est considérée comme forme hauturière
océanique (Dallot et al., 1988; Daly Yahia et al., 2003; Touzri et al., 2012). Sur la côte
Algérienne, les abondances les plus élevées ont été enregistrées durant la saison estivale et la
saison automnale. Cette affinité saisonnière a été également rencontrée sur les côtes
tunisiennes (Daly Yahia et al., 2003; Touzri et al., 2012) et les côtes nord de la Méditerranée
occidentale (Gili et al., 1987; Licandro et Ibanez, 2000).
Les populations de Abylopsis tetragona sont inféodées aux réchauffements des eaux
superficielles (Gili et al., 1987; Buecher, 1999; Licandro et Ibanez, 2000; Mapstone, 2014).
Les populations ont un caractère cosmopolites; recensées dans les régions tempérées chaudes
Précédent

Peuplements de medusozoa des cots algeriennes : biodiversite,distribution quantitative et intractions au reseau trophique pelaique - 182/252

Suivant