;. LES TRÉSORS pas ABYSSES
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’ À;b°Çtd
Les mouvements se calment, la
rapidement, les couleurs changent, lapis, bleu roi,
.,
outre—mer, cobalt, marine puis noir. Vers 500 mètres, nous croisons des gerbes magniques qui semblent
monter, un feu d'artifice de milliers d'organismes luminescents. Pouratteindre le fond à 2 600 mètres, nous
mettrons trois—quarts d’heure, un moment mis à profit pour parler ou pour écouter de la musique tous feux
éteints. Toutes les demi—heures, un contact avec la surface est pris pour vérier que tout va bien à bord.
Lorsque le sondeur accroche le fond, le pilote ralentit la descente en larguant un peu de lest et effectue la
pesée du Nautile de manière à ce qu’ilsoit neutre pour le ma-nœuvrer dans les trois dimensions, à l'aide des
moteurs. Le sonar panoramique accroche les reliefs de la vallée axiale et les premiers points de navigation
acoustique nous parviennent. On commence à se déplacer au—dessus du fond vers le site de prélèvement,
le visage collé au hublot pour tenter de repérer des indices de vie, ou les panaches de particules dans l’eau
qui pourrait signaler une source hydrothermale. À cesjeux—lä, les pilotes sont les meilleurs, habitués à
l'absence d'échelle; une simple tache blanche aperçue peut être un site hydrothermal d'une centaine de
mètres carrés, mais on peut tourner pendant longtemps autour d’un site bien repéré et déjà visité, sans
réussir à l'apercevoir. Leur connaissance du terrain et leur mémoire visuelle sont de prodigieuses aides àla
navigation. Dans ce milieu escarpé et très rocheux, les trajets acoustiques donnent une navigation parfois
fantaisiste et la route d’un point à un autre n'est que rarement une ligne droite. Les crustacés blancs,
crabes et galathées, sont de bons indicateurs de la présence à proximité d’une zone active.
À proximité des sorties d'eau tiède ou chaude, la vie groui lle et on a l'impression d'être devant un aquarium
tropical, c'est l’émerveillement. On oublie alors que l'on se trouve sous plusieurs kilomètres d’eau salée, et
le spectacle extérieur captive. L'eau chaude, en se déchargeant dans l'eau froide des grands fonds, produit
des turbulences qui dépolissent le paysage. Les vers géants dressés en grands faisceaux de centaines
d’individus, parcourus d'anguilles blanches et couverts de patelles, balancent leur panache rouge sang dans
l'eau tiède. Il est bien difcile au naturaliste de s’extraire à sa contemplation pour réaliser le programme
scientique de mesure et de prélèvement. La récolte commence, assurée par le pilote qui manipule les bras
télémanipulateurs et place les échantillons dans desbdîtes numérotées. De l'eau est pompée à proximité
des organismes et des mesures de température sont réalisées. Chaque manipulation est lente, précise,
difcile, et exige beaucoup de concentration et de doigté. Les dialogues dans la sphère sont très directs et
les fous rires‘ sont nombreux mais aussi les agacements contre « la surface », un ensemble de malfaisants
—
chargés de tous les maux qui ne comprendjamais que « nous, on travaille >>.
À mi—plongée, pilote et copilote échangent leurs postes et chacun en profite pour avaler un petit en—cas
'
préparé par le
L'Atalante, menu pique—nique en général assez roboratif. Pendant trois heures,
les observations sur le comportement des différentes espèces, les prélèvements et les mesures vont se
,
succéder‘à un rythme soutegu, chacun étant commenté par l'observateur et enregistré.
Six heures après le début de la plongée, la surface nous faitsavoir qu’ilesttemps de remonter. Le submersible
"
s'écarte du site. Les lests sont largués, Le Nauüle remonte lentement. Les pilotes se décontractent et ,,
l'atmosphère dansla sphèredevient presque euphorique. On peut enfin bouger un peu pour se réchauffer,
_décoincer les articulations rouillées et étirer les
crampes. Après plus d'une demi-heure
de remontée, une pâle erur apparaitdans le hublot vers 300 mètres de profondeur. Puis rapidement, la.
surface est là et la sphère reprend ses mouvements désordonnés. Les plongeurs s’affairent et viennent
amarrer l'axial qui sert à tracterle submersiblé vers le navire. Par le hublot, on voit approcher lentement
le tableau arrière de.L’Atalante puis la lift—line, énorme cordage enroulé en haut du portique, nous arrache
de l’eau et nous sommes posés délicatement sur le chariot. Le Nautile est tractéjusqu’ä son hangar. Le
pilote ouvre le panneau d’accès. Soudain! le bruit et la chaleur refontirruption dans la sphère.
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outre—mer, cobalt, marine puis noir. Vers 500 mètres, nous croisons des gerbes magniques qui semblent
monter, un feu d'artifice de milliers d'organismes luminescents. Pouratteindre le fond à 2 600 mètres, nous
mettrons trois—quarts d’heure, un moment mis à profit pour parler ou pour écouter de la musique tous feux
éteints. Toutes les demi—heures, un contact avec la surface est pris pour vérier que tout va bien à bord.
Lorsque le sondeur accroche le fond, le pilote ralentit la descente en larguant un peu de lest et effectue la
pesée du Nautile de manière à ce qu’ilsoit neutre pour le ma-nœuvrer dans les trois dimensions, à l'aide des
moteurs. Le sonar panoramique accroche les reliefs de la vallée axiale et les premiers points de navigation
acoustique nous parviennent. On commence à se déplacer au—dessus du fond vers le site de prélèvement,
le visage collé au hublot pour tenter de repérer des indices de vie, ou les panaches de particules dans l’eau
qui pourrait signaler une source hydrothermale. À cesjeux—lä, les pilotes sont les meilleurs, habitués à
l'absence d'échelle; une simple tache blanche aperçue peut être un site hydrothermal d'une centaine de
mètres carrés, mais on peut tourner pendant longtemps autour d’un site bien repéré et déjà visité, sans
réussir à l'apercevoir. Leur connaissance du terrain et leur mémoire visuelle sont de prodigieuses aides àla
navigation. Dans ce milieu escarpé et très rocheux, les trajets acoustiques donnent une navigation parfois
fantaisiste et la route d’un point à un autre n'est que rarement une ligne droite. Les crustacés blancs,
crabes et galathées, sont de bons indicateurs de la présence à proximité d’une zone active.
À proximité des sorties d'eau tiède ou chaude, la vie groui lle et on a l'impression d'être devant un aquarium
tropical, c'est l’émerveillement. On oublie alors que l'on se trouve sous plusieurs kilomètres d’eau salée, et
le spectacle extérieur captive. L'eau chaude, en se déchargeant dans l'eau froide des grands fonds, produit
des turbulences qui dépolissent le paysage. Les vers géants dressés en grands faisceaux de centaines
d’individus, parcourus d'anguilles blanches et couverts de patelles, balancent leur panache rouge sang dans
l'eau tiède. Il est bien difcile au naturaliste de s’extraire à sa contemplation pour réaliser le programme
scientique de mesure et de prélèvement. La récolte commence, assurée par le pilote qui manipule les bras
télémanipulateurs et place les échantillons dans desbdîtes numérotées. De l'eau est pompée à proximité
des organismes et des mesures de température sont réalisées. Chaque manipulation est lente, précise,
difcile, et exige beaucoup de concentration et de doigté. Les dialogues dans la sphère sont très directs et
les fous rires‘ sont nombreux mais aussi les agacements contre « la surface », un ensemble de malfaisants
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À mi—plongée, pilote et copilote échangent leurs postes et chacun en profite pour avaler un petit en—cas
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préparé par le
L'Atalante, menu pique—nique en général assez roboratif. Pendant trois heures,
les observations sur le comportement des différentes espèces, les prélèvements et les mesures vont se
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Six heures après le début de la plongée, la surface nous faitsavoir qu’ilesttemps de remonter. Le submersible
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s'écarte du site. Les lests sont largués, Le Nauüle remonte lentement. Les pilotes se décontractent et ,,
l'atmosphère dansla sphèredevient presque euphorique. On peut enfin bouger un peu pour se réchauffer,
_décoincer les articulations rouillées et étirer les
crampes. Après plus d'une demi-heure
de remontée, une pâle erur apparaitdans le hublot vers 300 mètres de profondeur. Puis rapidement, la.
surface est là et la sphère reprend ses mouvements désordonnés. Les plongeurs s’affairent et viennent
amarrer l'axial qui sert à tracterle submersiblé vers le navire. Par le hublot, on voit approcher lentement
le tableau arrière de.L’Atalante puis la lift—line, énorme cordage enroulé en haut du portique, nous arrache
de l’eau et nous sommes posés délicatement sur le chariot. Le Nautile est tractéjusqu’ä son hangar. Le
pilote ouvre le panneau d’accès. Soudain! le bruit et la chaleur refontirruption dans la sphère.
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