L’HOMME ET LES ABYS_SES D
au début des années 1980 dans la fosse de Porto Rico. De nombreux navires et
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submersibles en fin de vie sont océanisés par les marines du monde entier, servant
souvent de cibles d’entraînement. Le sabordage de navires chargés de cargaisons
toxiques est une pratique hélas encore courante dans certaines zones de la mer
Méditerranée ou au large de l’Afrique de l’Ouest. Des projets pharaoniques d'im—
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mersion de boues résiduaires et de cendres d’incinération dans les plaines abyssales
sont à l’étude et fortement soutenus par les lobbies nord—américains de l’industrie
des déchets. Il s’agirait, au niveau des pays de l’OCDE, de plus de 2 milliards de
,
tonnes par an. Le droit de la mer interdit aujourd’hui, heureusement, la mise en
oeuvre de ces projets, mais de nombreuses pressions pour sa révision se fontjour.
Enfin, pour tenter de diminuer le réchauffement lié aux gaz a effet de serre,
des expériences de séquestration du gaz carbonique dans les réservoirs pétroliers
,
sous—marins en fin d’exploitation sont en cours. Cette filière est sérieusement étu—
diée par les compagnies pétrolières pour lesquelles l’injection de gaz carbonique,
en fin d’exploitation, permet en outre d’augmenter le taux de récupération des
hydrocarbures. Des projets d’injection de gaz carbonique à l'interface eau—sédiment
profond, sous forme de grands lacs de gaz liquide, sont aussi envisagés par‘certains
pays, mais ils posent de nombreux problèmes écologiques évidents, en particulier
du fait de l’acidification du milieu et de ses conséquences directes sur la faune.
Une autre menace, celle—ci plus pernicieuse et durable, guette les espèces pro—
fondes, en particulier les poissons. Ceux—ci, souvent nécrophages ou détritivores,
de grande longévité et de croissance lente, ont tendance à concentrer
les polluants
persistants qui entrent dans le réseau alimentaire marin_par le ruissellement
et
les”fleuves. Les poissons abyssaux montrent des charges en polluants organiques
persistants, comme les PCB, deUx à trois plus.importantes que les poissohs'vivant
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près de la surface dans les mêmes régions (sabre noir). La même espèce pro—
fonde est plus contaminée à 2000‘mètres qu’à 1000 mètres (le gren_adier de
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roche, par exemple).
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. Changement global et vie abyssale
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Nous savons aujourd’hui que l’homme altère son environnement à une vitesse
accélérée, en transformant les paysages, en provoquant la disparition d’espèces, en
"
modifiant le climat. Les abysses ne sont pas épargnés par cet impact humain_qui
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;.
peut avoir une origine directe, comme la pollution ou l'action mécanique des exploi— ,
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tations et des structures déposées sur les fonds marins. Mais l’activité humaine
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peut aussi intervenir plus indirectement, en particulier à travers les
,
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mations du milieu liées au changement global. Nous ne savons quetrès peu de
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chose dans ce domaine, car les études àlong termesont extrêmement rares et ;
au mieux limitées à une dizaine d’années, ce qui est insuffisant pour éliminer
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