LES TRÊSORS DES ABYSSES
l’effet des variations interannuelles. Sur onze
abyssaux sur lesquels ces
séries temporelles plus ou moins longues existent, un seul, sitUé en Arctique par
2500 mètres de profondeur, montre clairement l’effet du réchauffement associé
à une diminution d’apports de matière organique sur le fond. Les informations
que l’on peut se procurer proviennent surtout d’études paléo—océanographiques
qui suggèrent que les extinctions et les changements de composition de la faune
abyssale ont toujours été liés à des phénomènes climatiques. Si les tendances
actuelles persistent, on peut prévoir un ralentissement du flux nutritif provenant
des couches éclairées vers les grands fonds, du fait de l’acidification des eaux
superficielles et de la diminution des peuplements de diatomées qui forment des
agrégats plongeant rapidement vers les abysses.
. Vers une protection de l’océan profond
Depuis les années l970, de nombreux protocoles et accords internationaux ten—
tent de réglementer l’activité humaine au grand large. De nombreux efforts sont
aussi accomplis actuellement par les organisations non gouvernementales pour
promouvoir une protection de ce patrimoine commun à l’humanité.
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De nombreux États de par le monde ont a gérer directement une zone écono—
mique exclusive qui couvre une part de l’océan profond. Ainsi, la zone économique
exclusive (ZEE) française, la deuxième au monde par son étendue (il millions de
kilomètres carrés), est à plus de 80 % située au—dessuS des fonds supérieurs à
200 mètres. Mais la difficulté est beaucoup plus grande en haute mer, que ce soit
pour la colonne d’eau ou pour les fonds marins situés par—delà les juridictions
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nationales. Cet immense domaine est difficile à contrôler, le droit international
,
afférent complexe et l’évolution de ce dernier lente. La convention de Montego Bay
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(1982) sur le droit de la mer définit la compartimentation de l’espace maritime et
introduitla notion de << patrimoine commun à l’humanité >> pour les grands fonds
marins. Leur exploitation, qui devrait se faire au bénéfice de l’ensemble des pays,
est gérée par l’Autorité internationale des fonds marins. La haute mer est ouverte
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à l’ensemble des États et son accès est libre pour la pose de câbles et de canali—
sations, la construction d’îles artificielles, la pêche et la recherche scientifique. La
convention de 1972 (dite Protocole de Londres) sur la prévention de la ”pollution
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des mers résultant
de l’immersion de déchets réglemente les opérations effectuées
à partir de navires et celledei977
aux pollutions d’origine tellurique.
Pour compléter ces accords internationaux, de nombreuses conventions régionales
existent. La convention OSPAR,de 1992, pour l’Atlantique Nord—Est et celle de
Barcelone, de i97ô,pour la Méditerranée, couvrent les problèmes d’immersion de
déchets, de biodiversité, d’activité offshore et d’évaluation de l’état du milieu marin.
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