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LA POLL UTION ‘PETROLIÈRE EN
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MILIEU MARIN
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les plus méridionales de macareux moine (Fraterculà arctica), de pingouin torda (Alca
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tarda), de guillemets (Uria aalge) déclinent rapidement. Ces espèces, particulièrement.
sensibles à la pollution par le pétrole, font partie de la famille des Alcidés. La presque
totalité des membres de cette famille passent leur vie en mer, collectent leur nourriture par
plongée, semblent être attirés par les nappes de pétrole et ont un trèsfaible taux de
reproduction compensé par une longévité exceptionnelle. En outre, ces oiseaux sont
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fortement grégaires, notamment dans leurs aires de reproduction et lors de l’hivernage ; il
semble alors que des déversements mineurs puissent conduire à de très fortes pertes.
Ce fut le cas en 1971, lorsque 10 000 oiseaux (dont 5 000 guillemots) en période de
reproduction, périrent àla suite d’un déversement pétrolier de faible ampleur au large des
Îles Shetland (Bourne et Johnston, 1971).
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Pour l‘Atlantique nord et la Mer du Nord, on a estimé que 150 000 à 450 000 oiseaux
étaient détruits chaque année,—du fait de la pollution chronique pétrolière (Tanis et coll.,
1968).
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Dans le cas des déversements pétroliers les plus importants des essais de dénombrement d’oiseaux touchés par la pollution ont été réalisés (FAO, 1977; Holmes et coll.,
1979). Le dernier travail indique qu’entre 1955 et 1972, ces incidents causèrent la mort de
plus d’un million d’oiseaux. Toutefois, les données fournies par ces auteurs ne sont
qu’approximatives. Elles ne tiennent pas compte des pertes indirectes correspondant à des
perturbations éthologiqués. Effectivement, le « mazoutage » est susceptible d’empêcher la
reproduction ou, lorsque celle—ci est encore possible, la ponte peut être stérile lorsque la
coquille des œufs est engluée. En outre, la plupart des cadavres des oiseaùx mazoutés
n’atteignent jamais le rivage, ils coulent après un temps de dérive variant selon“leséspèœs
et les conditions météorologiques. Selon Hope-Jones et coll. (1970) et Monnat (1978),
lorsque les conditionssont favorables, on recueille sur les plages 20 à 25 p. 100 des Oiseaux
tués par le pétrole, contre 10 p. 100 dans les conditions les plus défavorables.
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Prenant en compte ces coefcients, Monnat (ibid.) indique que le nombre total
d’oiseaux de mer mortellement touchés par la « marée noire » de‘l’Amoco-Cadiz peut être
évalué entre un peu moins de 15 000 et un peu plus de 20 000. Si l’on rapporte cette
estimation au tonnage de pétrole déversé en mer, on obtient ”une mortalité voisine de 0,1
oiseau par tonne, ce qui semble être à‘ce jour le plus faible taux de mortalité jamais
enregistré. A titre de comparaison, les 117 000 tonnes du Torrey—Canyon avaient
provoqué la mort de 30 000 oiseaux (0,26/tonne); les 600 à 700 tonnes de l’Hamilton—
Trader, dans la mer d’Irlande en avril 1969 — 6 000 oiseaux (9,2/tonne) et les 8 000 tonnes
du Gerd Maersk dans l’estuaire de l’Elbe, en janvier 1955, 275 000macreuses
(Melanirta fusca), soit 34,4/t0nne.
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Cette faible nocivité du pétrole vis—à—vis des oiseaux, lors du naufrage de l’AmocoCadiz, peut s’expliquer par le fait que les nappes de pétrole semblent avoir suscité une
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réaction d’évitement inhabituelle.
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Militent en faveur de cette hypothèse :
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La sur—représentation des espèces temporairement inaptes au vol. Cas des
macareux (Fratercula arctica), 30 à 40 p. 100 des oiseaux examinés étaient en mue totale
des rémiges;
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