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LA POLLUTION PETROLIÈRE EN MILIEU MARIN
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pas liées directement au goût observé, les tissus graisseux accumulant les hydrocarbures
beaucoup plus que les muscles. Dès la fm du mois d’avril, la dilution des hydrocarbures
était sufsante pour que la décontamination des poissons et des crustacés soit largement
commencée au large. Elle semblait achevée partout fm mai, sauf dans les abers.
Des amaigrissements ont été décrits chez certains poissons depuis le mois d’avril,
notamment chez les muges ou mulets, à proximité des abers. Certains bars, lieux, congres
et vieilles présentent des symptômes voisins. Des poissons plats (plies et turbots) ont les
nageoires abimées bien que l‘on ne puisse déceler d‘anomalies physiologiques ou de
symptômes de dénutrition apparents.
—
.
Les hydrocarbures pétroliers conduisent souvent à des altérations cutanées, telles que
des nécroses ou des—tumeurs aprés destruction des muqueuses. Dans son dernier rapport
d‘activité, le Centre d’étude et de recherches de biologie et d’océanographie médicale de
'
Nice faisait état d’une étude en cours concernant l’évolution et l‘origine des nécroses de la
peau des poissons (Aubert et coll., 1979). Les premiers éléments laissaient à supposer que
les hydrocarbures détruisaient ou modiaient l’enduit protecteur du mucus des poissons
et qu’il s‘ensuivait des atteintes pathologiques tégumentaires par infection bactérienne.
Par ailleurs, l‘apparition de tumeurs chez les poissons semble être en corrélation avec la
pollution du milieu naturel (Mearns et Sherwood, 1974). On note, sur la côte Ouest des
USA. (Puget Sound), un pourcentage de 5 à 20 p. 100 de carcinomes épidermiques pour
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les poissons pleuronectiformes, se nourrissant sur des fonds ou à proximité de sédiments
souillés (Angeli et coll., 1975). Dans le cas des coquillages collectés sur les côtes de l’état du
Maine, après une pollution accidentelle, Barry et Yevich (1975) indiquent que 25 p. 100
des survivants présentent des néoplasmes gonadaux. Ceci est d’une importapce
manifeste
pour la survie de la population. Toutefois, bien que certains types de produits pétroliers
contiennent des hydrocarbures polycycliques aromatiques, lesquels ont un effet cancérigène reconnu chez les mammifères, il est prématuré d’afrmer aujourd’hui que l‘ingestion
de quantités importantes d’hydrocarbures puisse à long terme avoir des effets cancé—
rigénes chez les animaux marins. Le plus étudié des hydrocarbures polycycliques
aromatiques cancérigènes est le benzopyrène. La concentration de ce produit dans les
organismes marins varie de 50 à 3 000 tig/kg (FAO, 1977), les mollusques marins étant
particulièrement pollués.
Une publication toute récente, réalisée par plusieurs chercheurs du MERL (Marine
Ecosystems Research Laboratory) de l’Université de Rhode Island, doit servir de base à
notre réflexion. sur la méthodologie qu’il est souhaitable d‘employer complémentairement aux observations sur le terrain. Les auteurs (Grassle et coll., 1978) ont réalisé leurs
essais en enceintes expérimentales alimentées d’une façon semi—continue en eau de mer
polluée par des fractions solubles de fuel n° 2. La macrofaune et la méiofaune de trois
écosystèmes pollués sont comparées durant six mois à celles de trois systèmes témoins. La
concentration en hydrocarbures dans la colonne d’eau est maintenue à 190 ug/I; après
cinq mois, 200 mg,/kg de produits pétroliers sont dosés à l’interface eau—sédiment et
15 mg/kg dans le premier centimètre du sédiment.
Cette pollution chronique simulée provoque un déclin très signicatide nombre des
organismes composant la macrofaune et la méiofaune des enceintes traitées par rapport
aux enceintes témoins. L‘effet est net pour plusieurs espèces de la macrofaune et pour tous
…
les groupes de la méiofaune.
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LA POLLUTION PETROLIÈRE EN MILIEU MARIN
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pas liées directement au goût observé, les tissus graisseux accumulant les hydrocarbures
beaucoup plus que les muscles. Dès la fm du mois d’avril, la dilution des hydrocarbures
était sufsante pour que la décontamination des poissons et des crustacés soit largement
commencée au large. Elle semblait achevée partout fm mai, sauf dans les abers.
Des amaigrissements ont été décrits chez certains poissons depuis le mois d’avril,
notamment chez les muges ou mulets, à proximité des abers. Certains bars, lieux, congres
et vieilles présentent des symptômes voisins. Des poissons plats (plies et turbots) ont les
nageoires abimées bien que l‘on ne puisse déceler d‘anomalies physiologiques ou de
symptômes de dénutrition apparents.
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Les hydrocarbures pétroliers conduisent souvent à des altérations cutanées, telles que
des nécroses ou des—tumeurs aprés destruction des muqueuses. Dans son dernier rapport
d‘activité, le Centre d’étude et de recherches de biologie et d’océanographie médicale de
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Nice faisait état d’une étude en cours concernant l’évolution et l‘origine des nécroses de la
peau des poissons (Aubert et coll., 1979). Les premiers éléments laissaient à supposer que
les hydrocarbures détruisaient ou modiaient l’enduit protecteur du mucus des poissons
et qu’il s‘ensuivait des atteintes pathologiques tégumentaires par infection bactérienne.
Par ailleurs, l‘apparition de tumeurs chez les poissons semble être en corrélation avec la
pollution du milieu naturel (Mearns et Sherwood, 1974). On note, sur la côte Ouest des
USA. (Puget Sound), un pourcentage de 5 à 20 p. 100 de carcinomes épidermiques pour
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les poissons pleuronectiformes, se nourrissant sur des fonds ou à proximité de sédiments
souillés (Angeli et coll., 1975). Dans le cas des coquillages collectés sur les côtes de l’état du
Maine, après une pollution accidentelle, Barry et Yevich (1975) indiquent que 25 p. 100
des survivants présentent des néoplasmes gonadaux. Ceci est d’une importapce
manifeste
pour la survie de la population. Toutefois, bien que certains types de produits pétroliers
contiennent des hydrocarbures polycycliques aromatiques, lesquels ont un effet cancérigène reconnu chez les mammifères, il est prématuré d’afrmer aujourd’hui que l‘ingestion
de quantités importantes d’hydrocarbures puisse à long terme avoir des effets cancé—
rigénes chez les animaux marins. Le plus étudié des hydrocarbures polycycliques
aromatiques cancérigènes est le benzopyrène. La concentration de ce produit dans les
organismes marins varie de 50 à 3 000 tig/kg (FAO, 1977), les mollusques marins étant
particulièrement pollués.
Une publication toute récente, réalisée par plusieurs chercheurs du MERL (Marine
Ecosystems Research Laboratory) de l’Université de Rhode Island, doit servir de base à
notre réflexion. sur la méthodologie qu’il est souhaitable d‘employer complémentairement aux observations sur le terrain. Les auteurs (Grassle et coll., 1978) ont réalisé leurs
essais en enceintes expérimentales alimentées d’une façon semi—continue en eau de mer
polluée par des fractions solubles de fuel n° 2. La macrofaune et la méiofaune de trois
écosystèmes pollués sont comparées durant six mois à celles de trois systèmes témoins. La
concentration en hydrocarbures dans la colonne d’eau est maintenue à 190 ug/I; après
cinq mois, 200 mg,/kg de produits pétroliers sont dosés à l’interface eau—sédiment et
15 mg/kg dans le premier centimètre du sédiment.
Cette pollution chronique simulée provoque un déclin très signicatide nombre des
organismes composant la macrofaune et la méiofaune des enceintes traitées par rapport
aux enceintes témoins. L‘effet est net pour plusieurs espèces de la macrofaune et pour tous
…
les groupes de la méiofaune.
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