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L’ÉCREVESSE ET son ELEVAGE
Repeuplement
Les opérations de repeuplement sont nécessaires quand les écrevisses, pour des
causes diverses, sont absentes d’un milieu apparemment convenable ou redevenu
convenable. Le repeuplement porte alors sur l’espèce indigène dans le cours d’eau. En
France, deux espèces principales : Ausfropotamobius pal/[pes et Asfacus astacus,
cette dernière étant par ailleurs intéressante pour l’élevage de consommation vu sa
vitesse de croissance acceptable.
Austropotamobius paII/pes a par contre une vitesse de croissance trop lente pour que
l’on puisse envisager autre chose qu’un élevage pour le repeuplement. Dans cette
dernière perspective, il est généralement préférable de prévoir un cycle court et de se
borner à la vente des juvéniles.
Les opérations de repeuplement sont également opportunes quand les écrevisses
originelles ont disparu du milieu aquatique, par suite d’une évolution irréversible de ce
milieu, par suite d'une épidémie : tel est le cas d’Astacus astacus en Scandinavie par
exemple. La niche écologique est vide et il y a lieu de la combler par un animal ayant
une «
profession » écologique identique tout en présentant des caractéristiques et
des exigences compatibles avec celles du milieu ambiant. C’est ainsi que Astacus
astacus est remplacée par Pacifastacus leniuscu/us en Finlande et en Suède,
systématiquement dans ce dernier pays.
Bien que Pacifastacus ait une vitesse de croissance rapide et une précocité sexuelle
remarquable, l’élevage s’effectue suivant un cycle court pour augmenter la rapidité, la
densité des repeuplements et, aussi, les chances d’acclimatation de l’espèce. Ces
repeuplements sont effectués à partir d’écrevisses juvéniles.
Les opérations de repeuplement sont à renouveler lorsque les prélèvements par pêche
ou les maladies portent sur le capital productif d’une façon telle qu’ils peuvent entraîner
à plus ou moins long terme la réduction de la population à des îlots reliques, ou sa
disparition intégrale.
Elles sont également à renouveler dans le cas d’une substitution d’espèces pour
donner à la nouvelle population une structure harmonieuse représentant les classes
d’âges successives jusqu’à celles des adultes les plus féconde. Elles doivent dépasser
en quantité de sujets le seuil limite en deçà duquel une acclimatation semble peu
vraisemblable. Le nombre limite par site de déversement est fixé à 1 000 unités par
différents auteurs dont ABRAHAMSSON (1972).
Certains milieux aquatiques sont vides d’écrevisses depuis toujours et peuvent en
héberger, ce qui, pour des raisons économiques (ou accidentelles parfois) a entraîné
des opérations de peuplement. Les plus importantes ont concerné l’introduction et
l’acclimatation de Procambarus clarki/ dans de nombreuses régions tropicales,
subtropicales et tempérées chaudes de la planète (ARRIGNON, HUNER et LAURENT,
1990) avec des succès souvent spectaculaires, notamment en Espagne dans les
provinces de Séville et de Badajoz (ALGARIN et CUELLAR, 1978, voir fig. 56). Dans
certains cas difficiles les introductions ont été répétées (Astacus Ieptodactylus dans le
Nord de la France) sans succès, dans d’autres le peuplement s’est fait de proche en
proche (Orconectes Iimosus, dans l’ensemble de l’Europe de l’Ouest, Grande—Bretagne
exceptée).
Notons en conclusion que les espèces dont l’élevage pour le repeuplement a un avenir
certain sont, par ordre décroissant :
-
Pac/fastacus /eniusculus,
-
Austropotamobiu3 pal/ipes,
°
Astacus astacus,
-
Astacus leptodacty/us.
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