BIOLOGIE ET ECOLOGIE DES ÉCREVISSES
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avec la vie normale de l’animal quand il s’agit de la décomposition des litières de
feuilles mortes. Si la teneur en matières organiques dépasse le seuil ordinairement
supporté par les différentes espèces, les animaux fuient mais recolonisent le cours
d’eau après passage du flux polluant (cas des Orconectes limosus lors de la pollution
du Loing par des mélasses de sucrerie, DUBOIS, 1963 (1)).
Orconectes Iimosus et Astacus leptodacty/us survivent d’ailleurs à des D.B.O. 5,
supérieures à 20 mg/litre (ARRIGNON, 1973). Austr0pofamobius pal/ipes, plus avide
d’oxygène, est plus sensible aux pollutions organiques.
Pollutions chimiques
L’écrevisse, en règle générale, est beaucoup plus sensible que le poisson aux
pollutions d’origine chimique, soit qu’elles aaiblissent l’écrevisse qui devient alors plus
sensible aux maladies, s’il s’agit de phosphates, nitrates en excès, soit qu’elles aient
un effet direct et parfois brutal quand il s’agit de micropolluants tels que métaux lourds,
pesticides et insecticides, défoliants, etc.
A des concentrations à peine supérieures à celles existant naturellement dans le milieu
aquatique, les biocides ont sur l’écrevisse une toxicité élevée en raison de la
bioaccumulation.
D’après CHAISEMARTIN (1976), dans un premier temps, l’animal complexe les
micropolluants à l’aide d’éléments biochimiques ; lorsque la réserve de complexant est
épuisée, il utilise des éléments résultant des processus métaboliques : la toxice se
manifeste alors plus ou moins rapidement suivant l’importance du processus
métabolique concerné.
La pénétration des biocides et des métaux lourds a lieu principalement au niveau de la
paroi branchiale, à une vitesse en relation avec l’état physiologique et nutrrùonel de
l’organisme.
CHAISEMARTIN (2) distingue deux groupes d’ions métalliques :
—
Ceux du groupe A : Mg+ +, K+ +, Sr+ +, Cu+ +, Zn++ ont un seuil létal (CL 50 % — 30
jours) plus élevé avec nourrissage.
—
Ceux du groupe B : Pb+ +, Cr+ +, Ni+ +, Cd+ +, Hg++ ont un seuil létal plus eleve sans
apport de nourriture. De plus, ils ne répondent pas au phénomène de l’accrmssement
de toxicité avec la température.
Chaisemartin (1) estime que la plupart des biocides agissent sur le développement
embryonnaire. 'Il a également mis en évidence des phénomènes de synergie
et
d’antagonisme : la toxicité de la combinaison Cu+ +-Hg++ est superieure a la somme
des toxicités de chacun des métaux.
MARIOJOULS (1984) relève le rôle que les microsédiments peuvent jouer en élevage
sur les jeunes écrevisses.
MlN-LOONG, CHEAH, AVAULT et GRAVES (1978) ont testé treize pesticides utilisés
en
riziculture et ont conclu que tous étaient extrèmement toxiques ws-a—ws de lecrewsse
Procambarus, à l’exception du malathion, alors que les fongrmdes sont sans effet.
Notons avec CHAISEMARTIN que les niveaux de toxicité d’un meme groupe de
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pesticides varient considérablement : 5 ppm de Lmdane sufsent pour tuer 90 A de
juvéniles au cours de leur première intermue alors qu’Il faut 40 ppm de DDT.
(1) Dubois, Comm. pers.
'
(2) CHAISEMARTIN, Polycop. comm. pers. « Effets des facteurs de nuisances et de pollutions sur le métabolisme des Astacidae
et leur reproduction ».
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