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L‘ÉCREVISSE ET SON ÉLEVAGE
Pollutions
Les agents polluants sont probablement la cause première du déséquilibre constaté
depuis une trentaine d’années dans les populations d’écrevisses. Leur action revêt
souvent une forme insidieuse et indirecte en affectant certains mécanismes
physiologiques, en affaiblissant les individus, en favorisant l’expansion de maladies
cryptogamiques. Il s’agit, le plus souvent, de micropolluants atmosphériques et
terrestres entraînés et véhiculés dans le milieu aquatique, agissant dans des secteurs
considérés généralement comme non pollués.
L’impact des polluants sur les écrevisses se manifeste de diverses façons,
spectaculaires ou non : mort foudroyante d’importants effectifs, diminution de la
résistance aux maladies, baisse du taux de reproduction, de la vitesse de croissance
et, à terme plus lointain, modification du capital génétique.
il varie suivant les espèces, suivant l’état physiologique des individus, suivant les
caractéristiques du milieu : la vitesse d’intoxication est fonction directe de la teneur en
oxygène et en sels alcalino—terreux.
Pollutions mécaniques
Leur action dans le milieu naturel est importante dans la mesure où elles sont brutales,
résultant de l’entraînement de sédiments par des pluies d’orage, sédiments qui
comblent les niches et remodèlent les fonds. Dans les cas extrêmes, la géométrie
même des cours d’eau est affectée avec une destruction complète de l’habitat
astacicole. Ces phénomènes sont particulièrement importants dans les cours d’eau de
piémont et dans les régions où le paysage rural a été fortement modifié par le
remembrement des terres et par un changement d’identité des couvertures végétales
(Massif Central ; piémont des Pyrénées).
Leur action directe sur l’animal est importante chez les adultes, davantage chez les
juvéniles et chez les œufs sur lesquels se déposent les particules en suspension dans
l’eau, entraînant leur asphyxie.
Pollutions thermiques
Les pollutions thermiques ont un rôle généralement insidieux mais parfois aussi un
effet brutal sur les peuplements d’écrevisses. Elles résultent souvent de la modification
du réseau hydrographique mais également de déversements d’eaux réchauffées pour
les besoins de l’industrie et pour la production de l’énergie.
L‘évolution lente de la sténothermie des cours d’eau du crétacé vers une amplitude
saisonnière plus grande conduit à l’élimination d’Austrapotamob/us pal/[pes et son
remplacement par Orconeotes Iimosus, notamment en Normandie.
Le barrage des cours d’eau de montagne a également modifié, non seulement le
régime des eaux mais également leurs caractéristiques physicochimiques, notamment
les paramètres thermiques et oxyde-réducteurs. Les lâchures estivales constituent des
pollutions thermiques brutales, le front liquide atteignant une température considérable
en dévalant sur un lit de galets chauffés à blanc. Il s’ensuit une élimination totale des
animaux réfugiés dans les vasques, quasiment par cuisson.
Pollutions organiques
La décomposition des matières organiques dans l’eau n’a pas sur l’écrevisse un effet
aussi nocif que chez le poisson. En certains cas, elle est même tout à fait compatible
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