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ne relève que du seul but de guérir l’enfant, ce qui était le cas dans la thérapie
réalisée par l’équipe de Fisher a Necker, et non du « business », comme ce
fut le cas aux États—Unis dans les diverses tentatives pour la mucoviscidose.
Mais dans ces questions de thérapies géniques, le risque perçu par l’opi—
nion est très inférieur au risque réel pris par les équipes médicales, non
seulement parce que l’opinion est très soucieuse des problèmes de santé
mais surtout parce que les campagnes médiatiques contre les maladies
génétiques n’ont fait qu’amplier un point de vue idéologique normatif
du fonds culturel, qui craint et rejette la différence, en s’appuyant sur une
éthique simpliste selon laquelle la thérapie génique est une bonne action
puisqu’elle est pour la vie. Or, d’un strict point de vue utilitariste, on pourrait
dire que
la même somme d’argent pourrait aussi être collectée plus utilement
pour un plus grand nombre d’enfants de la planète. On rejoint la un point
de vue éthique touchant tous les aspects de la mondialisation.
Ensuite, les OGM appliqués à l’agriculture posent plus de problèmes que
les OGM de laboratoire appliqués à la recherche fondamentale ou a la
biopharmacie. Sans entrer dans le débat, général ou au cas par cas, sur les
OGM, leurs dangers potentiels pour l’environnement, leur implication
dans la confortation du modèle agricole intensif ou leur éventuel intérêt
pour une agriculture écologiquement intégrée, il est désormais clair que
leur consommation ne présente aucun danger direct pour
la santé. Or, les
campagnes, développées dans le contexte de l’« empoisonnement » par
la
«vache folle» ou le « sang contaminé», campagnes qui ont conduit à
l’étiquetage des aliments comportant des OGM, se sont beaucoup plus
fondées sur le danger pour
la santé du consommateur des OGM que sur les
risques (réels) de certains OGM sur le plan écologique, sans trop discuter
de leur capacité à renforcer ou a faire évoluer le modèle agricole intensif.
Au demeurant, qui se rappelle que
80 % des aliments non transgéniques
consommés ont subi un traitement industriel, qui n’est pas obligatoirement
excellent pour
la santé (sel, sucres, graisses) ? Qui a conscience que
les
contrôles vétérinaires et industriels d’une part,
la possession d’un réfrigé—
rateur d’autre part, ont réduit à 150 le nombre annuel de décès par
intoxi—
cation alors qu’il était autour de 15 000 avant—guerre
? Tout ceci doit nous
interroger sur le simplisme, pour
ne
pas
dire pire, du concept
de
«
malbouffe >> développé par
certains et sur la nature (réelle) des risques de
l’alimentation moderne pour
la santé, la où ils ont augmenté, mais là, aussi,
1,
où ils ont diminué.
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