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REGARDS CROISES SUR LES QUESTIONS D’ETIIIQUE
prétexte que ce qui relève de la Nature (ici les centaines de milliers de morts
de la tuberculose) serait naturellement bon, alors que
l’action de l’homme
contre la « volonté de la Nature », ici la vaccination, serait attentatoire à cette
Nature et condamnable, point de vue initialement défendu par
le Vatican
(la Nature étant ici assimilée à la volonté divine).
LES QUESTIONS ETHIQUES DE L’ACTION EN BIOLOGIE OU GENETIQUE SE POSENT
DANS UN CONTEXTE COMPLEXE
L’action en biologie ou génétique humaine et médicale trouve sa valeur
éthique et sa légitimité sociale dans un contexte complexe tenant aux incertitudes ou aux contradictions inhérentes à ce genre
de problématique, et
qui porte
notamment sur la réalité des risques (plus précisément l’exactitude
de leur estimation), l’importance du fossé entre le risque réel et le risque
perçu
et le bénéce de l’action, parfois contradictoire à l’échelle individuelle
ou à l’échelle collective.
L’estimation de la valeur d’un risque conditionne la possibilité d’agir et
l’éthique de l ’action
Il convient de préciser que l’action de l’homme sur l’homme ou sur son
milieu, en biologie ou génétique humaine, est confrontée à deux types de
risques : d’une part, un premier type de risque résultant d’une situation de
danger indépendante de l’acteur, comme la naissance d’un enfant atteint
d’une pathologie chromosomique ou génétique, ou la survenue d’une patho—
logie acquise, infectieuse ou tumorale ; d’autre part, un deuxième type de
risque inhérent à l’action entreprise pour minimiser la survenue du premier
type de risque, par exemple un diagnostic prénatal, une vaccination, une
chimiothérapie, une thérapie génique. Et dans chacun des cas“, l’action ou
l’inaction se trouvent à la fois associées à des risques et confrontées à des
questions d’ordre éthique.
Parmi les risques du premier type, résultant de situations de danger
naturel au sens où elles ne sont pas dépendantes de la volonté des acteurs,
on peut distinguer les situations Où le risque est estimable avec précision de
celles Où ce risque n’est pas précisément estimable. Par exemple, chez les
couples ayant eu un enfant atteint d’une maladie récessive comme la
mucoviscidose, le risque de récurrence (naissance d’un autre enfant atteint)
est connu avec précision et égal à 25 %. En effet, chaque parent, porteur
sain d’un gène normal et d’un gène muté, a une probabilité égale à 1 /2 de
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