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REGARDS (:ROISÉS SUR LES QUESTIONS D’ÉTHIQUE
Northman le principe même de centrales météorologiques. De toutes
façons, il n’y a personne
à consulter. Sauf les Douze. Mais on ne les consulte
que sur la stratégie à suivre contre l’Extérieur.
Certes, il ne faut pas
attendre de ces aventures — bien conçues et très bien
exécutées — plus que ne proposent les auteurs. Ils créent un univers graphique
toujours plus maîtrisé ; ils imposent de l’action, de la poésie, du suspens
et
un romantisme conquérant. Outre de superbes personnages féminins, on y
trouve une habile synthèse symbolique, conduisant des chevaliers de la
Table ronde, voire des Templiers, à la Loge des Douze.
Le succès de Neige s’explique toutefois aussi par un imaginaire politique
et scientique encore « ottant ». L’assassinat du vieux continent par
le
Nouveau monde semble remplacer, pour
le pire, la vieille phobie du péril
soviétique. Et la « philosophie » du savant Northman montre que beaucoup,
aujourd’hui, se conent ou se reconnaissent — faute de mieux ? — dans un
certain bricolage éthique où espoirs et fantasmes se contrarient. Le recours
incantatoire à l’« humanisme » prend parfois des allures de méthode Coué,
que
les Anglo—Saxons nomment joliment wishful thinking. Mais c’est, pour
l’heure, un flou assez généralement partagé.
Jean—Maurice de Montremy
Le cycle de Neige par Christian Cine (dessin) et Didier Convard (scénario) compte
douze albums, tous publiés aux éditions Glénat.
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