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Même s’il s’est autoproclamé législateur de l’Europe reconstruite dans
l’intérêt des générations futures, Northman n’en fait pas qu’à sa guise. Il
suit une loi et veut faire de l’Europe un « pays régi par des lois ». Chaque
épisode des aventures de Neige revient sur l’aspect apparemment injuste,
voire arbitraire, que prend la loi pour le profane, à commencer par l’exécution
des parents du héros et l’assassinat du président Ford. C’est, pour les Douze,
un mal nécessaire. Voici pourquoi — vu la difficulté des temps — le pouvoir
ne revient qu’à un petit groupe. Pour échapper au nouvel « âge de ténèbres »,
une certaine forme de despotisme s’impose, despotisme éclairé qui se fonde
sur la science. C’est en son nom qu’avec plus ou moins de bonheur l’exercent
les hospitaliers, les « capucins » et « capucines » du monastère ou les autres
alliés de Northman.
Si le système d’Orion s’est déréglé, la faute n’en revient pas à une quel—
conque erreur scientique. Il s’agit d’un crime des « politico—rmes ». La
politique, Neige ne la met d’ailleurs fugitivement en scène que
dans les
nouveaux États—Unis d’Amérique. Réduite à toutes sortes de compromis—
sions, elle semble vouée aux décisions manœuvrières sordides, cyniques et à
courte vue — dépourvues du « grand dessein » dont le savant Northman a
reçu la tradition. Ainsi en va—t—il du projet E—trash de poubelle radioactive.
Northman, de ce fait, ne conteste ni la technique, ni la science. Malgré
la catastrophe d’Orion, il fonde ses espoirs sur un impressionnant réseau de
laboratoires souterrains ultramodernes —autant que l’on puisse deviner
quelle sera la modernité des années 2100. En surface règne le cauchemar
«
moyenâgeux ». Dans les profondeurs, au contraire, la recherche continue.
Cela permet au dessinateur de superbes contrastes entre les hauts lieux
enneigés à l’abandon et les caches lumineuses : profondeurs et labyrinthes
de Venise, ordinateurs atomiques en réseau sous la basilique de Vézelay,
«
loge secrète » sous le cimetière paysan
de Northman, poste
de commandes
électromagnétiques dans les falaises d’Étretat.
..
On observe que
les Douze, malgré l’effarant dénuement de l’Europe,
réussissent à se procurer
de l’uranium, assurent le fonctionnement d’au
moins une centrale nucléaire « près des ruines de Moscou », maîtrisent un
ensemble complexe de veille électromagnétique, cultivent des OGM avant
l’heure, adaptés au climat; et réussissent à produire un sérum contre le mal
d’Orion. A priori, donc, les déchets ne leur posent pas
de problèmes en tant
que tels, sauf lorsqu’ils se trouvent au coeur du monstrueux projet E-trash
conçu par un ennemi sans scrupules. Pas plus que ne pose
de problèmes à
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Même s’il s’est autoproclamé législateur de l’Europe reconstruite dans
l’intérêt des générations futures, Northman n’en fait pas qu’à sa guise. Il
suit une loi et veut faire de l’Europe un « pays régi par des lois ». Chaque
épisode des aventures de Neige revient sur l’aspect apparemment injuste,
voire arbitraire, que prend la loi pour le profane, à commencer par l’exécution
des parents du héros et l’assassinat du président Ford. C’est, pour les Douze,
un mal nécessaire. Voici pourquoi — vu la difficulté des temps — le pouvoir
ne revient qu’à un petit groupe. Pour échapper au nouvel « âge de ténèbres »,
une certaine forme de despotisme s’impose, despotisme éclairé qui se fonde
sur la science. C’est en son nom qu’avec plus ou moins de bonheur l’exercent
les hospitaliers, les « capucins » et « capucines » du monastère ou les autres
alliés de Northman.
Si le système d’Orion s’est déréglé, la faute n’en revient pas à une quel—
conque erreur scientique. Il s’agit d’un crime des « politico—rmes ». La
politique, Neige ne la met d’ailleurs fugitivement en scène que
dans les
nouveaux États—Unis d’Amérique. Réduite à toutes sortes de compromis—
sions, elle semble vouée aux décisions manœuvrières sordides, cyniques et à
courte vue — dépourvues du « grand dessein » dont le savant Northman a
reçu la tradition. Ainsi en va—t—il du projet E—trash de poubelle radioactive.
Northman, de ce fait, ne conteste ni la technique, ni la science. Malgré
la catastrophe d’Orion, il fonde ses espoirs sur un impressionnant réseau de
laboratoires souterrains ultramodernes —autant que l’on puisse deviner
quelle sera la modernité des années 2100. En surface règne le cauchemar
«
moyenâgeux ». Dans les profondeurs, au contraire, la recherche continue.
Cela permet au dessinateur de superbes contrastes entre les hauts lieux
enneigés à l’abandon et les caches lumineuses : profondeurs et labyrinthes
de Venise, ordinateurs atomiques en réseau sous la basilique de Vézelay,
«
loge secrète » sous le cimetière paysan
de Northman, poste
de commandes
électromagnétiques dans les falaises d’Étretat.
..
On observe que
les Douze, malgré l’effarant dénuement de l’Europe,
réussissent à se procurer
de l’uranium, assurent le fonctionnement d’au
moins une centrale nucléaire « près des ruines de Moscou », maîtrisent un
ensemble complexe de veille électromagnétique, cultivent des OGM avant
l’heure, adaptés au climat; et réussissent à produire un sérum contre le mal
d’Orion. A priori, donc, les déchets ne leur posent pas
de problèmes en tant
que tels, sauf lorsqu’ils se trouvent au coeur du monstrueux projet E-trash
conçu par un ennemi sans scrupules. Pas plus que ne pose
de problèmes à
