ÉTHIQUE ET PRISE DE DÉCISION
69
La plupart des gens ont des convictions concernant ce qui est bien ou
mal qui émanent de leurs racines culturelles, de leurs croyances religieuses,
de leur contexte familial, de leurs expériences personnelles, des lois ou de
leurs afnités politiques. Ce ne sont pas les valeurs qui sont le mieux adaptées
"
pour prendre des décisions éthiques, non parce qu’elles ne sont pas impor—
tantes, mais parce qu’elles ne sont pas universelles. D’autres valeurs sont
plus appropriées lorsqu’il s’agit de prendre des décisions acceptables d’un
point de vue éthique. Des valeurs telles que
le respect, la responsabilité, la
conance, l’équité, la bienveillance et la citoyenneté sont plus utiles car les
valeurs personnelles et professionnelles varient dans le temps au sein de
différentes cultures, et même au sein d’une seule et même société.
Ces valeurs universelles peuvent mener à des décisions solides et accep—
tables dans n’importe quel domaine si on y rééchit un peu. Les valeurs de
bienveillance ou d’équité ont—elles été prises en compte de part
et d’autre
dans les décisions qui ont mené au nettoyage ethnique en ex—Yougoslavie ou
au génocide rwandais? Sans doute pas
et ce, quel que
soit le système de
référence utilisé. Est—ce que les idées ou doctrines pernicieuses léguées à nos
petits—enfants sont plus toxiques que
le mercure ou le combustible usé ?]e
laisse cette question aux philosophes.
L’attention donnée à l’éthique dans les enjeux environnementaux
continuera d’être importante. À cet égard, la gestion des déchets nucléaires
montrera, je l’espère, une conduite responsable et réussie dans ses échanges
avec toutes les parties prenantes, fondée sur des valeurs telles que
celles
mentionnées plus haut.
Oui, il est possible de prendre des décisions acceptables d’un point de
vue éthique. Et oui encore, c’est un exercice d’humilité pour un représentant
de l’industrie que de se lancer dans des discussions avec les citoyens des sites
candidats pour le stockage nal des combustibles
nucléaires usés. À ce jour,
il y a quelques afrmations3 sur lesquelles s’accorde la majorité des parties
prenantes de notre pays : nous n’exposonspas les générations futures à un
risque supérieur à celui que nous accepterions pour
nous—mêmes ; les géné—
rations futures n’ont pas à prendre la responsabilité nancière et doivent
avoir le minimum de responsabilités pratiques concernant nos déchets ;
leur est donnée une certaine liberté de choix si elles souhaitent un jour
mettre en oeuvre une autre solution technique ou utiliser ces déchets comme
ressource ; nous gèrerons les déchets à l’intérieur de nos frontières.
8.
Responsibility equity and credibilüy — Ethical dilemmas relating to nuclear waste, Olof Sôderberg,
Anne—Marie
Annika Nilsson, 2001.
/
.
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La plupart des gens ont des convictions concernant ce qui est bien ou
mal qui émanent de leurs racines culturelles, de leurs croyances religieuses,
de leur contexte familial, de leurs expériences personnelles, des lois ou de
leurs afnités politiques. Ce ne sont pas les valeurs qui sont le mieux adaptées
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pour prendre des décisions éthiques, non parce qu’elles ne sont pas impor—
tantes, mais parce qu’elles ne sont pas universelles. D’autres valeurs sont
plus appropriées lorsqu’il s’agit de prendre des décisions acceptables d’un
point de vue éthique. Des valeurs telles que
le respect, la responsabilité, la
conance, l’équité, la bienveillance et la citoyenneté sont plus utiles car les
valeurs personnelles et professionnelles varient dans le temps au sein de
différentes cultures, et même au sein d’une seule et même société.
Ces valeurs universelles peuvent mener à des décisions solides et accep—
tables dans n’importe quel domaine si on y rééchit un peu. Les valeurs de
bienveillance ou d’équité ont—elles été prises en compte de part
et d’autre
dans les décisions qui ont mené au nettoyage ethnique en ex—Yougoslavie ou
au génocide rwandais? Sans doute pas
et ce, quel que
soit le système de
référence utilisé. Est—ce que les idées ou doctrines pernicieuses léguées à nos
petits—enfants sont plus toxiques que
le mercure ou le combustible usé ?]e
laisse cette question aux philosophes.
L’attention donnée à l’éthique dans les enjeux environnementaux
continuera d’être importante. À cet égard, la gestion des déchets nucléaires
montrera, je l’espère, une conduite responsable et réussie dans ses échanges
avec toutes les parties prenantes, fondée sur des valeurs telles que
celles
mentionnées plus haut.
Oui, il est possible de prendre des décisions acceptables d’un point de
vue éthique. Et oui encore, c’est un exercice d’humilité pour un représentant
de l’industrie que de se lancer dans des discussions avec les citoyens des sites
candidats pour le stockage nal des combustibles
nucléaires usés. À ce jour,
il y a quelques afrmations3 sur lesquelles s’accorde la majorité des parties
prenantes de notre pays : nous n’exposonspas les générations futures à un
risque supérieur à celui que nous accepterions pour
nous—mêmes ; les géné—
rations futures n’ont pas à prendre la responsabilité nancière et doivent
avoir le minimum de responsabilités pratiques concernant nos déchets ;
leur est donnée une certaine liberté de choix si elles souhaitent un jour
mettre en oeuvre une autre solution technique ou utiliser ces déchets comme
ressource ; nous gèrerons les déchets à l’intérieur de nos frontières.
8.
Responsibility equity and credibilüy — Ethical dilemmas relating to nuclear waste, Olof Sôderberg,
Anne—Marie
Annika Nilsson, 2001.
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