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REGARDS (:ROISES SUR LES QUESTIONS D’ETHIQUE
à la dissémination éventuelle des éléments radioactifs et protège l’installation
contre les intrusions et autres agressions volontaires ou involontaires. Les
études d’opinion nous enseignent que
le public en général éprouve une
méance à l’égard du sous—sol, qu’il associe spontanément aux séismes ou
aux puissances infernales, mais l’expérience nous enseigne aussi que, dès
que
l’on évite les zones à risque, la géologie est inniment plus « calme »
que
l’histoire des sociétés humaines !
Déposés en profondeur dans un
conditionnement approprié, les éléments radioactifs ne pourraient revenir
àla surface que par une suite de mécanismes très lents (corrosion, diffusion,
migration) qui donnent à la décroissance radioactive le temps de jouer son
rôle d’atténuation.
En France, nous avons choisi de traiter les combustibles nucléaires usés
pour
àla fois récupérer les matières recyclables et conditionner les déchets
sous une forme physico-chimique particulièrement stable et résistant bien à
la corrosion. Les modèles physico—mathématiques recalés sur des expériences
de corrosion accélérée, et validés par référence a des « analogues naturels »7,
nous convainquent que les verres choisis pour emprisonner les déchets HA
ne perdraient pas plus de 0,1 % de leur masse s’ils étaient directement dans
l’eau pendant 10 000 ans. Dans des milieux comme l’argile, et en l’absence
de défauts locaux, dont le rôle des laboratoires souterrains est précisément de
les détecter, la vitesse de circulation des eaux géologiques est particulièrement
faible. La capacité de la « barrière ouvragée », puis du milieu géologique lui—
même, à piéger les éléments éventuellement relâchés par
la matrice de
verre limite encore considérablement leur migration. Tous les exercices
internationaux de modélisation concluent qu’à leur émergence à l’exutoire,
la radiotoxicité résiduelle des éléments radioactifs survivants sera plusieurs
ordres de grandeur au—dessous des niveaux qui sont aujourd’hui considérés
comme acceptables par les réglementations en vigueur. Autant dire que nous
n’imposons à nos descendants, aussi lointains soient—ils, aucune nuisance
que nous n’accepterions pas pour nous-mêmes. C’est bien, pour nous, une
solution acceptable aujourd’hui sur le plan éthique comme sur le plan
technique.
_
7.
Les plus célèbres de ces « analogues » sont les réacteurs naturels qui ont fonctionné sur le Site
d’Oklo, au Gabon, il y a presque deux milliards d’années. Tous les noyaux lourds produits
par les réactions, ou leurs descendants, ont été retrouvés à quelques centimètres de leur lieu
de production. Il existe beaucoup d’autres « analogues >> montrant, sur des périodes moins
astronomiques, la capacité de rétention des roches argileuses.
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