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REGARDS CROISÉS SUR LES QUESTIONS D’ÉTHIQUE
longue durée de vie sont les résidus de la production d’électricité à partir
de la ssion nucléaire”, et la France est l’un des pays qui fait le plus appel à
l’électricité d’origine nucléaire).
En soulignant les faibles quantités en cause, il ne s’agit pas
ici de minimiser
le danger potentiel que
ferait courir leur relâchement incontrôlé dans la
biosphère, mais simplement d’expliquer qu’il est effectivement possible de les
gérer en totalité. Car ces déchets, on s’en occupe : ils ne sont ni orphelins, ni
disséminés sans contrôle. Pour l’essentiel", ils sont concentrés, conditionnés
dans des matrices solides résistant bien àla corrosion, comptabilisés et entre—
posés sous surveillance dans des bâtiments spécifiques. Cet entreposage
multidécennal ne constitue certes pas une solution dénitive, mais c’est une
solution temporaire responsable et éthique car, là où ils sont aujourd’hui,
ces déchets n’occasionnent aucune nuisance à qui que ce soit.
À ce stade, une première remarque s’impose, en restant dans la problé—
matique de l’éthique. Si ces kilowattheures n’avaient pas été produits par
des centrales nucléaires, il n’y aurait pas ces déchets radioactifs entreposés
à La Hague, sous forme de conteneurs de verres et de déchets métalliques
comprimés, et on ne s’interrogerait pas sur leur disposition ultime ; mais
on aurait envoyé dans l’atmosphère des millions de tonnes de polluants
chimiques et de gaz
à effet de serre sans espoir de les récupérer. Et à chaque
conteneur
de
déchets radioactifs vitriés correspondent des tonnes
d’hydrocarbures que nous laissons disponibles pour nos descendants au
lieu de les avoir
...
trop bien ?
Une visite de La Hague n’est pas complète sans aller voir l’un des bâtiments
d’entreposage des déchets vitriés. C’est une espèce de grand gymnase très
propre, où les agrès seraient remplacés par un gros pont roulant. Les visiteurs
3.
Ainsi que les résidus de la production historique des armes de dissuasion.
4.
Il y a trois exceptions. Lors du cisaillage des assemblages usés dans l’usine de traitement, le
_
krypton 85 est relâché dans l’atmosphère car il s’agit d’un « gaz rare » sans afnité chimique
et donc non assimilé par les organismes vivants. Le tritium, isotope de l’hydrogène, et l’iode
129 sont relâchés dans la mer où ils subissent unegrande
dilution isotopique. Contrairement
à la concentration chimique, on ne connaît pas de cas de concentration isotopique dans la
chaîne alimentaire.
5.
Il n’y a pas de miracle : si nous leur léguons plus de pétrole, de gaz naturel et de charbon,
nous leur léguerons moins d’uranium. Mais tout laisse à penser que la pénurie d’hydrocarbures sera plus cruelle et, en tous cas, beaucoup plus rapide que la pénurie d’uranium.
REGARDS CROISÉS SUR LES QUESTIONS D’ÉTHIQUE
longue durée de vie sont les résidus de la production d’électricité à partir
de la ssion nucléaire”, et la France est l’un des pays qui fait le plus appel à
l’électricité d’origine nucléaire).
En soulignant les faibles quantités en cause, il ne s’agit pas
ici de minimiser
le danger potentiel que
ferait courir leur relâchement incontrôlé dans la
biosphère, mais simplement d’expliquer qu’il est effectivement possible de les
gérer en totalité. Car ces déchets, on s’en occupe : ils ne sont ni orphelins, ni
disséminés sans contrôle. Pour l’essentiel", ils sont concentrés, conditionnés
dans des matrices solides résistant bien àla corrosion, comptabilisés et entre—
posés sous surveillance dans des bâtiments spécifiques. Cet entreposage
multidécennal ne constitue certes pas une solution dénitive, mais c’est une
solution temporaire responsable et éthique car, là où ils sont aujourd’hui,
ces déchets n’occasionnent aucune nuisance à qui que ce soit.
À ce stade, une première remarque s’impose, en restant dans la problé—
matique de l’éthique. Si ces kilowattheures n’avaient pas été produits par
des centrales nucléaires, il n’y aurait pas ces déchets radioactifs entreposés
à La Hague, sous forme de conteneurs de verres et de déchets métalliques
comprimés, et on ne s’interrogerait pas sur leur disposition ultime ; mais
on aurait envoyé dans l’atmosphère des millions de tonnes de polluants
chimiques et de gaz
à effet de serre sans espoir de les récupérer. Et à chaque
conteneur
de
déchets radioactifs vitriés correspondent des tonnes
d’hydrocarbures que nous laissons disponibles pour nos descendants au
lieu de les avoir
...
trop bien ?
Une visite de La Hague n’est pas complète sans aller voir l’un des bâtiments
d’entreposage des déchets vitriés. C’est une espèce de grand gymnase très
propre, où les agrès seraient remplacés par un gros pont roulant. Les visiteurs
3.
Ainsi que les résidus de la production historique des armes de dissuasion.
4.
Il y a trois exceptions. Lors du cisaillage des assemblages usés dans l’usine de traitement, le
_
krypton 85 est relâché dans l’atmosphère car il s’agit d’un « gaz rare » sans afnité chimique
et donc non assimilé par les organismes vivants. Le tritium, isotope de l’hydrogène, et l’iode
129 sont relâchés dans la mer où ils subissent unegrande
dilution isotopique. Contrairement
à la concentration chimique, on ne connaît pas de cas de concentration isotopique dans la
chaîne alimentaire.
5.
Il n’y a pas de miracle : si nous leur léguons plus de pétrole, de gaz naturel et de charbon,
nous leur léguerons moins d’uranium. Mais tout laisse à penser que la pénurie d’hydrocarbures sera plus cruelle et, en tous cas, beaucoup plus rapide que la pénurie d’uranium.
