DE
À LA TRANSGRESSION
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Et nos déchets ? Il n’a pas fallu attendre longtemps, après le lancement
des premières fusées (mais peut—être la science—ction antérieure l’avait—elle
déjà imaginé ?), pour voir fleurir des projets de « poubelles spatiales », en
particulier pour les déchets radioactifs qui pourraient ainsi rejoindre notre
soleil. Les raisons de douter de l’opportunité de cette solution sont techni—
ques (quelle assurance vis—à—vis de la sécurité lors des lancements ?) , juridiques
(le droit international fait de l’Espace un patrimoine commun de l’humanité
et exige son respect), philosophiques enn (nous croyons nous débarrasser
des déchets en les envoyant loin de nous, mais, en fait, nous ne faisons
qu’accroître le territoire sur lequel, dans lequel habite l’humanité ; il est
parfois question de « la plus grande Terre », the greater Earth). Bref, nous
n’avons rien d’autre qu’une Terre et, plutôt que de rêver de la quitter pour
recommencer ailleurs un nouvel épisode de l’histoire humaine, nous devons
nous en contenter pour assurer ce que nous appelons désormais la gestion
et le développement durable.
Enfouir : parpenr, par honte ?
«
Le stockage géologique profond : la solution qui s’impose », titre La
Lettre des entretiens européens du premier semestre 20046 ; j’ai donc eu envie
d’intituler cette troisième partie : << pas d’autre méthode que l’enfouissement. »
De fait, les arguments en faveur de cette méthode de stockage, à côté de ceux
pour l’entreposage en surface et la transmutation, paraissent l’emporter
Chez les spécialistes : « la géologie est plus stable que
la société des hommes »
remarque avec sagesse un spécialiste suisse. Cet avis, nous le savons, n’est
généralement pas partagé par l’opinion publique.
La notion de barrière est ici essentielle et se retrouve dans une autre
technologie qui inquiète, elle aussi, nos sociétés : le génie génétique où il
sagit d’assurer le « connement » des gènes étrangers à l’intérieur du
génome—hôte, d’en empêcher toute dispersion dans le milieu naturel. Le
problème n’est pas nouveau : j’aime à dire qu’il trouve ses racines dans le
mythe du Minotaure, premier hybride de l’histoire, que
le roi Minos demande
à Dédale d’enfermer, de conner dans un labyrinthe. Pour quelles raisons ?
Par peur évidemment (le Minotaure représente un vrai danger pour
les
habitants de l’île), mais aussi par honte (puisque le monstre est le fruit de
l’adultère de son épouse).
6.
La Lettre des Entretiens européens, n° 2, 1er semestre 2004, p.
7.
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