DE L’ENFOUISSEMENT À LA TRANSGRESSION
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etc.), qu’elles rejoignent un certain consensus des membres et qu’elles ne
demandent pas trop d’héroïsme. Cela explique un certain rapprochement
des codes de déontologie avec la notion de loi (loi positive) et un éloignement
concomitant par rapport à la notion d’éthique ou de morale”. »
Dans la démarche éthique, où situer le droit ? Probablement quelque
part entre la morale et la déontologie. Avec Guy Durand, j’admets l’idée
selon laquelle l’éthique et la morale peuvent exiger ou conduire à des actes
héroïques. Le droit, quant à lui, se contente d’imposer des règles minimales
(par exemple, la loi du talion : « œil pour œil, dent pour dent »). L’éthique,
nous l’avons vu, relève de la recherche et de l’adhésion à des principes et
des valeurs : elle vise l’intériorité de l’obligation. Le droit, qui trouve dans
l’éthique l’un de ses principaux fondements, en représente plutôt l’extériorité.
Il implique la conformité à une règle extérieure, suppose aussi la légitimité
de la coercition. Il en appelle enn, de la part de la personne, à une attitude
de soumission, sans autre forme d’interrogation. L’éthique et même la
morale peuvent prétendre à une forme d’universalité. Dans cette perspective,
le droit se montre plus modeste, limité à des époques et à des groupes
particuliers (avec de rares exceptions ou tentatives comme la Déclaration
des droits de l’homme et du citoyen) ; ce faisant, le droit est susceptible d’être
actualisé, amélioré, remis en cause. Si la prise en compte du futur est un
enjeu central pour l’éthique comme pour
le droit, ce dernier doit également
pouvoir s’intéresser au passé.
La démarche éthique, de l’ignorance au possible, s’inscrit dans un
champ apparemment sans limites, sinon celles d’un horizon qui ne cesse de
reculer devant le désir humain de connaître, l’avancée des technologies,
l’imagination des hommes, enn l’idée qu’ils se font d’eux—mêmes. Champ
immense, donc, qui se heurte toutefois àla réalité du monde, aux contraintes
qu’il impose.
Pas d ’autre Terre
'
«
Quand une photographie de la Terre, prise depuis l’espace, sera dispo—
nible, une nouvelle idée, plus puissante qu’aucune autre dans l’histoire,
s’en dégagera » écrivait Sir Fred Hoyle, en 1948. Il a fallu attendre vingt ans
et les missions du programme américain Apollo pour
obtenir ces images de
notre planète. Elles ont sans doute contribué à l’éveil de la conscience
écologique contemporaine et appartiennent désormais au « fond » culturel
4Guy Durand, La Bioéthique. Nature, pn‘mipes, enjeux, Paris, Cerf (Bref 14), 1989, p.
19.
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