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REGARDS (IROISIËS SUR LES Qt‘l—lSTIONS D’ETHiQUE
La démarche éthique ne se contenterait donc pas
de questionner l’adé—
quation des moyens aux ns (à l’image de l’éthique utilitariste), d’être un
modus vivendi, un moyen
de vivre convenablement ou encore, dans une
vision pessimiste, un modus morendz‘, autrement dit une « manière de mourir ».
La démarche éthique comprendrait aussi une réflexion philosophique et
sociologique sur la façon dont les personnes
et les organisations construisent
leurs valeurs et leurs nalités, les mettent en oeuvre, les négocient avec leurs
partenaires et par rapport aux générations futures. Cette démarche cher—
cherait à clarier les normes, les valeurs, les systèmes d’appartenance, souvent
hérités de l’expérience du passé, de la mémoire collective, pour prendre en
compte la complexité et la singularité des situations. En fait, dans la plupart
des situations, il n’existe pas une seule et dénitive réponse à nos questions
mais une variété de réponses parmi lesquelles il nous reste à choisir ; l’ingé—
nieur connait bien cette situation, lorsqu’il élabore un projet.
Dès lors, l’éthique est (ou devrait être) davantage qu’une mode, qu’une
justication, une « chasse aux sorcières » ou une occasion de (se) faire peur.
L’éthique est au contraire une caractéristique essentielle de l’espèce humaine,
composée d’êtres conscients, raisonnables et libres, animés par des valeurs
et des convictions, en même temps que confrontés, à l’instar des autres êtres
vivants, à la nécessité d’assurer leur survie, leur préservation, leur avenir. La
personne humaine s’interroge sans cesse sur le contenu, le sens et les consé—
quences de ses actions comme de celles des autres, qu’il en soit l’auteur, la
victime ou le spectateur. jugements et évaluations, prises de décision et
choix, confrontation entre ce que l’on désigne habituellement par
nature
et culture sont autant de lieux où le sujet pratique la démarche éthique,
bien souvent sans le savoir. Il reste à lui donner les moyens de la poursuivre
avec une conscience toujours plus grande et plus éclairée.
Même si, étymologiquement, il existe presque une synonymie entre
éthique, morale et déontologie, cette dernière a historiquement été liée à
l’expérience et à la pratique professionnelles (médecine, droit, notariat,
architecture, etc.). Le terme désigne donc les devoirs liés à l’exercice d’une
profession, rassemblés sous forme de règles et de codes. « Le plus souvent,
explique Guy Durand, les codes de déontologie contiennent, à côté de
véritables normes éthiques ou morales, des règles administratives visant à
assurer la qualité de l’exercice de la profession et la bonne renommée de la
corporation. D’un autre côté, leur existence suppose que ces règles ont été
adoptées ofciellement par une autorité (conseil de l’Ordre, gouvernement,
REGARDS (IROISIËS SUR LES Qt‘l—lSTIONS D’ETHiQUE
La démarche éthique ne se contenterait donc pas
de questionner l’adé—
quation des moyens aux ns (à l’image de l’éthique utilitariste), d’être un
modus vivendi, un moyen
de vivre convenablement ou encore, dans une
vision pessimiste, un modus morendz‘, autrement dit une « manière de mourir ».
La démarche éthique comprendrait aussi une réflexion philosophique et
sociologique sur la façon dont les personnes
et les organisations construisent
leurs valeurs et leurs nalités, les mettent en oeuvre, les négocient avec leurs
partenaires et par rapport aux générations futures. Cette démarche cher—
cherait à clarier les normes, les valeurs, les systèmes d’appartenance, souvent
hérités de l’expérience du passé, de la mémoire collective, pour prendre en
compte la complexité et la singularité des situations. En fait, dans la plupart
des situations, il n’existe pas une seule et dénitive réponse à nos questions
mais une variété de réponses parmi lesquelles il nous reste à choisir ; l’ingé—
nieur connait bien cette situation, lorsqu’il élabore un projet.
Dès lors, l’éthique est (ou devrait être) davantage qu’une mode, qu’une
justication, une « chasse aux sorcières » ou une occasion de (se) faire peur.
L’éthique est au contraire une caractéristique essentielle de l’espèce humaine,
composée d’êtres conscients, raisonnables et libres, animés par des valeurs
et des convictions, en même temps que confrontés, à l’instar des autres êtres
vivants, à la nécessité d’assurer leur survie, leur préservation, leur avenir. La
personne humaine s’interroge sans cesse sur le contenu, le sens et les consé—
quences de ses actions comme de celles des autres, qu’il en soit l’auteur, la
victime ou le spectateur. jugements et évaluations, prises de décision et
choix, confrontation entre ce que l’on désigne habituellement par
nature
et culture sont autant de lieux où le sujet pratique la démarche éthique,
bien souvent sans le savoir. Il reste à lui donner les moyens de la poursuivre
avec une conscience toujours plus grande et plus éclairée.
Même si, étymologiquement, il existe presque une synonymie entre
éthique, morale et déontologie, cette dernière a historiquement été liée à
l’expérience et à la pratique professionnelles (médecine, droit, notariat,
architecture, etc.). Le terme désigne donc les devoirs liés à l’exercice d’une
profession, rassemblés sous forme de règles et de codes. « Le plus souvent,
explique Guy Durand, les codes de déontologie contiennent, à côté de
véritables normes éthiques ou morales, des règles administratives visant à
assurer la qualité de l’exercice de la profession et la bonne renommée de la
corporation. D’un autre côté, leur existence suppose que ces règles ont été
adoptées ofciellement par une autorité (conseil de l’Ordre, gouvernement,
