LES DÉCl—IETS RADIOACTIFS 1 LA MÉMOIRE EN QUESTIONS
27
cours de nombreuses études, le réexe en groupes ou en entretiens, c’est de
faire appel à l’institution scolaire. La politesse ? Il faut l’enseigner en primaire.
Les problèmes de nutrition, d’alimentation ? L’école. Les incivilités ? C’est
aux instituteurs et professeurs de se débrouiller avec, etc.
Toutefois, en l’occurrence, les suggestions issues de cette étude paraissent
assez fondées car ancrées dans une réelle réexion autour de la mémoire et
de la transmission du savoir et des valeurs. Les sites de stockage pourraient
ainsi être repérés sur les cartes, au même titre qu’autrefois les sites de
production minière.
Ensuite, on demande un travail plus ou moins permanent dans le cadre
d’une information institutionnelle. En tête est citée la télévision, canal le
plus fédérateur mais également totalement fantasmatique. En effet, c’est le
média perçu comme le plus démocratique, celui directement accessible à
tous. Pour autant, c’est un vecteur de désinformation éventuel : la majorité
des personnes interrogées ont bien conscience d’un problème de contenu.
Trop superciel, trop univoque, le média tend à la manipulation. Mais cet
aspect même peut être contré par
d’autres sources d’informations. En fait,
la télévision serait alors un mal nécessaire car démocratique. Libre à chacun
d’en atténuer les effets pervers.
Se dessine ainsi une vision d’une information destinée à transmettre des
éléments sur les déchets radioactifs qui serait structurée selon deux principes
complémentaires : une information de « crise » (un problème technique, de
santé publique, une menace, un accident) ou éventuellement un événement
(le choix d’un site, les étapes de sa construction), qui seraient traités dans
les journaux télévisés pour l’aspect démocratique de l’alerte — chacun est
averti, chacun sait, on est dans la transmission immédiate, dans le « sentiment
d’époque » ; une information plus pédagogique, à base de formats longs,
lors d’émissions thématiques sur le sujet. On passe
ici dans la préparation
d’une mémoire historique On racontera
comment se sont déroulés le choix
d’un site, les débats locaux, la technique employée pour
le stockage, etc.
Une majorité de personnes — en particulier dans les groupes — a avancé
l’idée d’un marquage physique des sites, par exemple par
l’érection d’un
monument qui présenterait l’avantage d’être à la fois un repère concret et
un élément symbolique dont on pourraitjouer dans une idée de passage
de
relais, de mémoire. Ce monument pourrait même intégrer en soi un processus
de mémoire.
Enn, pour que
cette mémoire soit transmise et pérenne, l’information
de « proximité >> semble un élément essentiel
dans cette panoplie d’outils.
\
.
Précédent

- 32/143

Suivant