28
LA PERCEPTION DES DÉCHETS RADIOACTIFS ! MÉMOIRE ET ÉTHIQUE
ll s’agit d’informer, le plus en détail possible, sur les lieux mêmes, dans les
villes avoisinantes. Cette attente reste cependant ambiguë et difcile à gérer,
.
dans la mesure où l’on veut évidemment de la transparence. Mais cette
demande de transparence se heurte à une tentation d’évitement : savoir
qu’une commune accueille sur son territoire un site de déchets radioactifs
induirait chez la grande majorité des personnes interrogées un réexe de
fuite.
En dénitive, c’est bien de la mémoire qu’il s’agit. Les solutions évoquées
pour
rendre possible ce passage, ce souvenir, restent relativement conven—
—
'
tionnelles. Il faut bien comprendre que
c’est dans l’accumulation de ces
multiples pistes que
l’on pourra
trouver un modèle viable et acceptable par
tous. Il ne s’agit pas
ici de rassurer. On a bien vu que
les personnes interrogées
_
sont majoritairement peu inquiètes et tout autant conscientes de la dangerosité des matières en question. Il s’agit bien plus de « tracer >>, de laisser les
outils et les moyens aux générations futures de traiter un problème pour
lequel aucune décision n’a encore été prise. Mais il s’agit aussi de se donner
les moyens de vivre, sinon en harmonie, du moins dans la compréhension
de ces résidus et de leur existence.
C’est pourquoi les attentes relèvent des différents univers de mémoire.
Du « sentiment d’époque » découle le besoin d’information et de pédagogie
immédiate. On veut que
restent inscrits les lieux et leurs contenus : c’est
la « mémoire conservation » ou mémoire comptable. Enn, la « mémoire
historique » est nécessaire par l’érection de monuments, la pédagogie dans
les écoles, le travail de mémoire sur les sites (musées ou autres).
C’est bien à une « compréhension » du phénomène qu’il convient d’in—
viter les générations futures.
jean—Pierre Loisel
Avec l’essentielle collaboration d ’Amnelle Lefebvre
&
Précédent

- 33/143

Suivant