LES DÉCHETS RADIOACTIFS : LA MÉMOIRE EN QUESTIONS
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Ce processus ressenti comme obligatoire met cependant notre génération
face à des responsabilités qu’elle n’a pas forcément envie d’assumer. C’est
pourquoi, au—delà de la reconnaissance de l’impératif d’une transmission
individuelle qui signifie que nous sommes partie prenante des éventuelles
erreurs effectuées en la matière, ou tout du moins des décisions graves qui
"
ont contribué à faire apparaître le problème de la gestion des déchets radio—
actifs, une partie non négligeable des personnes interrogées cherche à
diluer cette responsabilité personnelle dans la mémoire collective. Sous
prétexte que nous n’avons pas
été tenus informés, qu’il n’y a pas eu de
débat ou que
la science va bien trouver les solutions adaptées, une partie de
l’opinion s’en remet donc à des arguments déculpabilisants.
Cette transmission, pour qu’elle soit opérationnelle, passe par un devoir
de « marquage » : puisque nous laissons des traces, il est nécessaire que
celles—ci soient bien identifiées et que
les risques qui y
sont attachés soient le
plus circonscrits possibles.
GÉRER LE MARQUAGE
Comment faire pour que ces déchets et les lieux où ils sont ou seront
entreposés soient durablement identiés ? La première réponse, attente
cohérente de citoyens d’une société de l’information, c’est qu’on les réper—
torie dans des bibliothèques, des archives : il s’agit d’un premier niveau de
marquage, basique, élémentaire, indispensable, mais loin d’être sufsant.
Au—delà de l’idée d’un répertoire, de traces écrites comme sur un cadastre,
l’attente des personnes interrogées vise à une multiplication de ces traces.
Il faut que
l’information soit stockée dans de nombreux endroits, pour
répondre à deux exigences : d’une part, la pérennité de la mémoire, pour
—
ne pas que
les traces se perdent ; d’autre part, l’impératif de démocratie car
l’accès doit être disponible à tous, où qu’ils soient.
C’est pourquoi cet essaimage des données, sur lesquelles gureraient la
localisation précise de chaque site, les informations sur leur date de cons—
truction, d’ouverture, l’historique des problèmes rencontrés, les quantités
et qualités des éléments stockés, etc., devrait nécessairement se produire à
chaque niveau institutionnel. Au plan local, les données devraient être
stockées aux archives de la ville où est géré le site, bien évidemment, ainsi
qu’à un niveau départemental ou régional. Elles devraient également être
archivées à l’échelle nationale, afin que
tout citoyen puisse connaître parfai—
tement, s’il le désire, l’ensemble des sites existant sur notre territoire. Enn,
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