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lA l’liR(llil’ll()\ l)lS lllÏ(llll-Ïl’S RADIOAC'I’IFS : MÉMOIRE lî'l"
réitérer toutes ses erreurs. C’est pourquoi on pense impérative une gestion
«
comptable » de cette mémoire : il convient de retenir les événements, les
faits, non pas
dans une idée de progression, d’évolution, d’accélération ou
de perte,
mais en tant quejalons posés aux différentes époques de l’histoire
humaine. Ces « marques » qu’une société se doit de conserver au même titre
qu’un individu, à l’échelon de son histoire personnelle, fonctionnent comme
des références. En cas de besoin, il est alors possible de mesurer un décalage,
une réitération, la survivance d’un fait, d’un comportement, d’une idée.
En fait, ce type de « mémoire » donne des outils pourjauger, voirejuger,
le progrès. C’est par
cette dimension de mémoire que
l’homme essaie de
comprendre les aléas de son évolution. Et malgré l’idée commune selon
laquelle nous n’aurions pas « appris », la perception de cette « mémoire »
est bicéphale. D’une part, d’un point de me technique, l’homme saurait
capitaliser sur ses expériences et l’on vante l’amélioration globale de la santé,
de l’alimentation, des transports, au point de « croire » en une succession
ininterrompue de nouvelles inventions qui, forcément, sauront répondre
aux problèmes du futur. D’autre part, en termes humains et sociétaux, la
leçon est moins évidente ou même tout à fait critique : pas d’inventions, pas
de progrès, mais des retours incessants à nos démons humains.
Le nucléaire bénécie à ce niveau d’un statut paradoxal. Il est en effet
perçu comme une véritable réussite, le fruit de notre inventivité, la consé—
quence de nos savoirs accumulés, et en cela, nombre de Français y portent
un regard admiratif. Mais, par ailleurs, il est aussi, dans sa notion même, cette
globalité d’images qui, de Hiroshima à Tchernobyl, a terrorisé les esprits.
D’où, chez certains — principalement les antinucléaires précédemment évo—
qués — l’impression que l’humanité aurait dû ne plus toucher à l’atome
après les deux bombes japonaises. Selon que, sous l’emprise d’un
«
sentiment d’époque » majoritaire ou non, l’on voit la lière nucléaire
française avec les yeux de Chimène ou ceux de Cassandre, on va puiser dans
l’une ou l’autre des dimensions de cette mémoire « conservation ».
Une mémoire « historique »
ll s’agit du
troisième pilier de ce qui constituerait une « mémoire » au
sens large. A la différence de l’approche précédente, on ne se fonde plus ici
sur l’énoncé d’une bonne ou mauvaise opinion sur nos choix, nos actions, nos
comportements passés. On n’est plus ici en situation de devoir se distancier :
on part du passé pour arriver au présent, ouvert sur le futur en une marche
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