LES DÉCHETS RADIOACTIFS : LA MÉMOIRE EN QUESTIONS
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ascendante. ll s’agit donc de faire appel à une perception plus globale, une
mémoire collective qui se nourrit de l’intelligence de la société et a pour
mission de nous informer sur la capacité de ce monde à évoluer. C’est à une
évaluation plus qu’à une perception de la façon dont l’histoire est faite, et à
une estimation du risque, qu’introduit ce sentiment historique.
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Ici, le travail de mémoire ne relève plus de la capacité à se souvenir, mais
de l’expertise, de la connaissance des empreintes du passé qui irriguent la
mémoire collective : autrement dit, il existe un accès direct, sans médiation,
entre l’individu et la mémoire collective. Cette mémoire historique est cet
accès.
Le sentiment historique ramène donc la mémoire collective àla mémoire
individuelle ; lorsqu’on évalue les leçons tirées des événements du passé,
on effectue un retour du passé vers le présent. Ce qui est arrivé dans l’hier,
lointain ou pas, a laissé sur le présent une empreinte allant de la simple trace
à une présence plus intense, à savoir le risque de réitération.
Cette mémoire historique semble fonctionner sur trois territoires
concurrents : celui de la trace, celui de la conséquence et celui du risque de
réitération.
LE SYNDROME DE LA TRACE
La notion de trace signale ce qui, dans le passé, est ni, du fait d’une leçon
qui aurait été tirée. Ainsi, lorsqu’on évoque diérentes catastrophes, nombre
de personnes y font référence, dans une perception « positive » : l’expérience
des guerres mondiales aurait ainsi appris la prudence aux gouvernants,
nous aurait << vaccinés » contre les notions d’honneur et de nationalisme et
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nous aurait ouvert les yeux sur les horreurs absolues. La récurrence des
combats dans toutes les parties du monde n’inrme pas ce raisonnement,
en partie ethnocentré, dans lequel il n’est question que
des perspectives de
guerre dans les pays les plus développés.
Plus proches de nous, l’accident de l’usine toulousaine d’AZF ou l’explosion de Tchernobyl sont vus, dans cette perspective de trace, comme des
événements fondateurs d’une nouvelle approche sécuritaire. Ils ont le mérite
d’avoir engagé une prise de conscience de la part des pouvoirs publics,
une réponse satisfaisante — pour
certains — ayant été apportée. Les mesures
prises, les règlements mis en oeuvre, sont la partie visible de cette trace
laissée et positive. Cette notion s’apparente directement au « sentiment de
conservation ».
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