LES DÉCHETS RADIOACTIFS : LA MÉMOIRE EN QUESTIONS
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cette population, et peut—être de manière plus « paroxystique » que chez les
autres, l’appréhension de la problématique des déchets est formatée par le
tamis de cette vision du nucléaire.
Une mémoire « conservation »
En dehors de cette vision du monde actuel, immédiate, du présent vécu
en direct et qui, comme on vient de le voir, en appelle d’abord à un sentiment
collectif ancré dans un immédiat médiatisé, il existe nombre de problèmes,
de crises, d’événements traversés, de difcultés à affronter qui requièrent
d’autres types d’outils. Le recours à la mémoire individuelle, aux souvenirs
personnels devient alors un instrument nécessaire à l’appréhension du
monde.
Le principe de fonctionnement est ici descendant, d’aujourd’hui à hier.
À partir d’une question qui se pose (un problème, un événement), l’individu
va entamer un processus consistant à puiser dans le passé des exemples
susceptibles d’apporter des éclairages, des éléments de réponse. Il est ici
question à la fois de souvenir, d’oubli (son exact contraire) et de nouveauté.
De fait, le souvenir est perçu comme une capacité d’exploration du passé,
un instrument pour lutter contre l’oubli. Or, à écouter les Français, les
souvenirs qui demeurent individuels semblent peiner à lutter contre un
oubli collectif, et l’idée prévaut souvent que l’on ne sait pas
tirer les leçons
du passé. Dans ce cheminement qui consiste à regarder le présent sous
l’éclairage du passé, un sentiment d’inefcacité prédomine : les erreurs du
passé peuvent se reproduire, car on « oublie ». Et convoquer
les souvenirs
se fait souvent trop tard, après que
l’erreur a été réitérée. Il en va ainsi des
désastres écologiques annoncés ou des guerres : leur aspect récurrent serait
une preuve de ce caractère mal opérant du souvenir.
De cela naît une critique des acteurs publics qui se montrent incapables
d’entretenir ces souvenirs, cette mémoire « conservation », trop absorbés
par le « sentiment d’époque » et des impératifs trop actuels : sans identier
précisément tel ou tel personnage,
telle ou telle institution, les personnes
interrogées dans l’étude épinglent l’impéritie des « hommes », des « respon—
sables >>, se dédouanant par là d’une part personnelle de responsabilité.
Toutefois, même si se souvenir du passé n’évite pas
la reproduction des
mêmes erreurs, cela reste un outil indispensable à la bonne marche de
l’humanité, parce que nalement l’humanité continue d’exister, s’est développée et a quand même retenu des « leçons » et fait attention à ne pas
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cette population, et peut—être de manière plus « paroxystique » que chez les
autres, l’appréhension de la problématique des déchets est formatée par le
tamis de cette vision du nucléaire.
Une mémoire « conservation »
En dehors de cette vision du monde actuel, immédiate, du présent vécu
en direct et qui, comme on vient de le voir, en appelle d’abord à un sentiment
collectif ancré dans un immédiat médiatisé, il existe nombre de problèmes,
de crises, d’événements traversés, de difcultés à affronter qui requièrent
d’autres types d’outils. Le recours à la mémoire individuelle, aux souvenirs
personnels devient alors un instrument nécessaire à l’appréhension du
monde.
Le principe de fonctionnement est ici descendant, d’aujourd’hui à hier.
À partir d’une question qui se pose (un problème, un événement), l’individu
va entamer un processus consistant à puiser dans le passé des exemples
susceptibles d’apporter des éclairages, des éléments de réponse. Il est ici
question à la fois de souvenir, d’oubli (son exact contraire) et de nouveauté.
De fait, le souvenir est perçu comme une capacité d’exploration du passé,
un instrument pour lutter contre l’oubli. Or, à écouter les Français, les
souvenirs qui demeurent individuels semblent peiner à lutter contre un
oubli collectif, et l’idée prévaut souvent que l’on ne sait pas
tirer les leçons
du passé. Dans ce cheminement qui consiste à regarder le présent sous
l’éclairage du passé, un sentiment d’inefcacité prédomine : les erreurs du
passé peuvent se reproduire, car on « oublie ». Et convoquer
les souvenirs
se fait souvent trop tard, après que
l’erreur a été réitérée. Il en va ainsi des
désastres écologiques annoncés ou des guerres : leur aspect récurrent serait
une preuve de ce caractère mal opérant du souvenir.
De cela naît une critique des acteurs publics qui se montrent incapables
d’entretenir ces souvenirs, cette mémoire « conservation », trop absorbés
par le « sentiment d’époque » et des impératifs trop actuels : sans identier
précisément tel ou tel personnage,
telle ou telle institution, les personnes
interrogées dans l’étude épinglent l’impéritie des « hommes », des « respon—
sables >>, se dédouanant par là d’une part personnelle de responsabilité.
Toutefois, même si se souvenir du passé n’évite pas
la reproduction des
mêmes erreurs, cela reste un outil indispensable à la bonne marche de
l’humanité, parce que nalement l’humanité continue d’exister, s’est développée et a quand même retenu des « leçons » et fait attention à ne pas
