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LA PERCEPTION DES DÉCHETS RADIOACTIFS : MÉMOIRE ET ÉTHIQUE
prête une objectivité, une tangibilité reposant sur la « science ». Enn, le
sentiment nucléaire s’appuie sur une conception de l’environnement qui
repose sur l’épuisement des ressources naturelles. Les discours sur la raréfac—
tion des énergies fossiles ayant fait leur chemin, l’énergie issue du nucléaire
est perçue
comme une réponse efcace à ce problème.
De surcroît, cette position largement partagée est vue, par ceux qui la
soutiennent, comme presque
totalement consensuelle : intérêt collectif,
absence d’un réel débat public. Rien ne vient réellement ébranler des
convictions acquises depuis longtemps et traitant d’un sujet pour lequel on
se sent peu
concerné — il n’est pas au coeur des réexions quotidiennes.
Cette attitude très positive ne nie pas, cependant, les dangers éventuels
de la filière nucléaire. Bien au contraire, personne aujourd’hui ne défend
l’idée de son innocuité, mais la notion de risque, réelle, est très vite minimisée dans le discours des Français. Selon une majorité de personnes, en
effet, technologie et expertise du risque, alliées à des règlements drastiques,
nous feraient frôler le « risque zéro ».
Partant de cette confiance « aveugle», on le verra ultérieurement, la
perception des déchets ne peut être, nalement, que « tranquillisante ».
La minorité restante est, évidemment, plus critique selon deux positions
aux intensités différentes.
Un certain nombre de personnes, qui ne se veulent pas
hostiles au
nucléaire, se disent cependant interpellées par les problèmes que
celui-ci
peut poser. Ces « scientistes éclairés » mettent en avant le risque. Ce qui les
frappe particulièrement est l’aspect « pernicieux » d’une contamination
radioactive et l’absence de toute solution connue pour y remédier. Ceci
étant dit, ces « nucléo—critiques » demeurent dans une sorte de déni citoyen
du problème, refusant d’aller au—delà de leurs interrogations ou de remettre
en cause un modèle. Ils attendent que les experts prennent leurs responsa—
bilités, en dehors de toute intervention « démocratique ». Cette attitude les
fera rejoindre rapidement le rang des premiers sur le problème des déchets.
Restent de vrais critiques, des personnes qui rejettent les choix nucléaires.
Les arguments antinucléaires sont brassés par cette population minoritaire :
le non—choix, l’aspect autoritaire (voire « totalitaire ») de l’engagement
dans la filière énergétique nucléaire et l’absence totale de culture de la
transparence qui les accompagne. Mais les risques ne sont évidemment pas
oubliés car derrière la frustration de n’avoir pas été consulté pour donner
son avis sur les choix énergétiques vient une autre question : comment peut—
on, sans débat, décider pour tous d’une solution aussi dangereuse ? Chez
LA PERCEPTION DES DÉCHETS RADIOACTIFS : MÉMOIRE ET ÉTHIQUE
prête une objectivité, une tangibilité reposant sur la « science ». Enn, le
sentiment nucléaire s’appuie sur une conception de l’environnement qui
repose sur l’épuisement des ressources naturelles. Les discours sur la raréfac—
tion des énergies fossiles ayant fait leur chemin, l’énergie issue du nucléaire
est perçue
comme une réponse efcace à ce problème.
De surcroît, cette position largement partagée est vue, par ceux qui la
soutiennent, comme presque
totalement consensuelle : intérêt collectif,
absence d’un réel débat public. Rien ne vient réellement ébranler des
convictions acquises depuis longtemps et traitant d’un sujet pour lequel on
se sent peu
concerné — il n’est pas au coeur des réexions quotidiennes.
Cette attitude très positive ne nie pas, cependant, les dangers éventuels
de la filière nucléaire. Bien au contraire, personne aujourd’hui ne défend
l’idée de son innocuité, mais la notion de risque, réelle, est très vite minimisée dans le discours des Français. Selon une majorité de personnes, en
effet, technologie et expertise du risque, alliées à des règlements drastiques,
nous feraient frôler le « risque zéro ».
Partant de cette confiance « aveugle», on le verra ultérieurement, la
perception des déchets ne peut être, nalement, que « tranquillisante ».
La minorité restante est, évidemment, plus critique selon deux positions
aux intensités différentes.
Un certain nombre de personnes, qui ne se veulent pas
hostiles au
nucléaire, se disent cependant interpellées par les problèmes que
celui-ci
peut poser. Ces « scientistes éclairés » mettent en avant le risque. Ce qui les
frappe particulièrement est l’aspect « pernicieux » d’une contamination
radioactive et l’absence de toute solution connue pour y remédier. Ceci
étant dit, ces « nucléo—critiques » demeurent dans une sorte de déni citoyen
du problème, refusant d’aller au—delà de leurs interrogations ou de remettre
en cause un modèle. Ils attendent que les experts prennent leurs responsa—
bilités, en dehors de toute intervention « démocratique ». Cette attitude les
fera rejoindre rapidement le rang des premiers sur le problème des déchets.
Restent de vrais critiques, des personnes qui rejettent les choix nucléaires.
Les arguments antinucléaires sont brassés par cette population minoritaire :
le non—choix, l’aspect autoritaire (voire « totalitaire ») de l’engagement
dans la filière énergétique nucléaire et l’absence totale de culture de la
transparence qui les accompagne. Mais les risques ne sont évidemment pas
oubliés car derrière la frustration de n’avoir pas été consulté pour donner
son avis sur les choix énergétiques vient une autre question : comment peut—
on, sans débat, décider pour tous d’une solution aussi dangereuse ? Chez
