LES DÊCHETS RADIOACTIFS : LA MÉMOIRE EN QUESTIONS
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comprendre comment, aujourd’hui, la population percevait (ou pas) le
problème que posent les déchets à longue durée de vie. Car, au-dclà des
solutions techniques, sur lesquelles il est fondamental de travailler, la
communication des enjeux, la responsabilisation de chaque citoyen sont
vraisemblablement tout aussi importantes pour garantir que
cette gestion
_
des déchets millénaires soit la plus sûre possible. Dans ce contexte, le
CREDOC a réalisé un travail d’étude auprès des Français pour comprendre
les mécanismes de perception du problème et, plus globalement, notre
capacité à nous projeter dans un avenir lointain].
Trois éléments alimentent la notion de mémoire
An d’approcher la représentation des déchets radioactifs sur le long
terme, il était important de comprendre tout d’abord comment fonctionnait
la « mémoire », si tant est que ce terme renvoie à une réalité. La dimension
temporelle qui structure notre existence, puisque nous ne sommes jamais
rien d’autre que des êtres en devenir et issus d’un passé particulier, dans
une constante mobilité, n’est acceptable par un esprit humain que grâce à
cet outil àla fois conceptuel et technique que
l’on nomme mémoire (par le
biais d’un cerveau, constitué de cellules et d’interactions physico—chimiques
qui enregistrent, classent, analysent les « événements » que nous traversons).
Imaginons que
cet outil n’existe pas : nous n’aurions ni hier, ni demain, et ce
que nous laissons, ce que nous faisons, construisons ou détruisons n’aurait
plus aucun sens. Certes, dans ce cas, nous ne construirions rien.
La mémoire, telle que
nous l’abordons ici, est donc cet instrument essentiel qui permet à l’homme de se repérer dans une histoire, dans une société,
d’apprendre, de se reconnaître comme partie d’une chaine humaine. Trois
volets complémentaires semblent, à écouter les Français interrogés, constituer
cet instrument et sa dynamique : une mémoire utile pour percevoir
et
décrypter le moment présent, que
l’on appellera le « sentiment d’époque » ;
une mémoire qui permet d’affronter les problèmes actuels ou futurs, qui
fourbit des outils pour
les comprendre et les traiter ou, du moins, les appri—
voiser, soit une « mémoire conservation » ; et une « mémoire leçon » ou
.
historique qui, par un jeu de regards en arrière, donne à comprendre le passé
et renforce notre appartenance
à une lignée humaine ancestrale.
1.
«
La mémoire des déc/tels : pm*œptions et attentes des consmnmaæum », 2004. Ce travail repose sur la
réalisation de 36 entretiens qualitatifs de 1 h 30 à 2 h auprès de personnes non directement
impliquées dans l’engagement environnementaliste, et de trois réunions de groupe.
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