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condition qu’elle puisse expliquer
à l’opinion comment l’éthique de la
gestion des déchets doit trouver une solution à une question originale. En
effet la question
du stockage, notamment pour
les radioéléments de longue
durée de vie, ne se pose pas
seulement pour
le présent
mais aussi pour les
générations futures. En d’autres termes, est—ce que
le choix dans le mode de
stockage des radioéléments à vie longue et la gestion des risques associés au
mode choisi sont éthiques si, pour
minimiser les risques immédiats, on est
conduit à imposer au futur des risques difciles à estimer, éventuellement
inconnus, ou, pire, ingérables (par exemple, si les déchets sont enfouis dans
des couches géologiques profondes et inaccessibles) ?
Deux questions éthiques se posent
alors. Une première question éthique
de nature déontologique renvoie à la responsabilité (la culpabilité?) du
présent vis—à—vis du futur. En d’autres termes, est—il éthique de prendre une
décision ou de faire une action qui engage
l’avenir et doit faire supporter
a
de nombreuses générations le poids des erreurs éventuelles du présent?
Une deuxième question éthique, de nature utilitariste, renvoie non à la
prise de décision ou à l’action, mais au choix de la meilleure décision, de la
meilleure action permettant
le plus grand bien pour
le plus grand nombre,
a la fois aujourd’hui et demain.
Sur la question déontologique, on peut
noter que
s’il est possible de
définir la notion de culpabilité ou de responsabilité dans le présent — il y a
a la fois un coupable—responsable et une victime réelle —, la notion de
responsabilité ou de culpabilité devient assez fumeuse quand la victime
n’existe pas encore, qu’elle n’est que potentielle, d’autant que
le danger qui
pourrait la guetter a une probabilité mal connue et peut—être faible de
survenir. Il est aussi possible de répondre à cette question générale de la
responsabilité du présent vis—à—vis du futur en afrmant que
c’est une règle
générale dont on ne peut s’affranchir. L’Europe est née du cataclysme de la
guerre de 14—18 dont on pensait pourtant qu’elle serait la « der des der »…
En revanche, l’éthique utilitariste se trouve une fois encore très pertinente
pour répondre a la question. En effet, alors que
dans la plupart des circons—
tances, les actions humaines du présent ne permettent pas
de prévoir l’avenir,
même si cet avenir dépend du présent, le stockage des déchets hautement
radioactifs crée pour longtemps une situation de danger potentiel dont on
sauf a être irresponsable ou cynique, qu’elle persistera et exigera des
générations futures de « faire avec ». C’est ici que
le principe de « réversibilité », adopté par l’Andra comme par la plupart des gestionnaires de déchets
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