LE POINT DE VUE D’UN GÉNÉTICIEN
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radioactifs étrangers, prend toute sa signication éthique et pratique. En
choisissant un mode de connement et de stockage accessible (au contraire,
par exemple, de ce que serait un enfouissement lointain irréversible), on
choisit sans doute un mode de stockage plus proche du milieu présent, et
donc plus risqué pour le présent, mais on permet aux générations 1tures
d’être comme nous, dans la situation de choisir et d’agir, et non de subir un
choix irréversible s’il se révélait plus négatif à leur époque qu’à la nôtre.
D’un point de vue pratique, qui sait, en effet, si la transmutation ne deviendra
pas dans le futur un moyen efcace et sûr de récupérer l’énergie stockée par
les ancêtres qui l’avaient, légitimement ou non (peu importe), délaissée à
Creys—Malville, ou si la récupération du stock de matières ssiles ne sera pas
_
d’un intérêt pour une opération spatiale ?
Dans un pays comme la France, fortement attaché àla tradition de l’éthique
déontologique, qui renvoie à tant de textes fondateurs des lumières et dont
sont tirés des principes constitutionnels, des principes et des pratiques juri—
diques ou des grilles de lecture et de perception morales, il n’est pas étonnant
que
tout ce qui touche àla personne humaine soit conçu en rapport presque
exclusif à la déontologie. C’est à ce rapport étroit avec l’éthique déontologique qu’il convient de rattacher des débats comme Ceux sur l’IVG ou
l’euthanasie, qui connurent moins d’intensité dans des pays plus
sensibles à
l’éthique utilitariste.
L’attachement de notre pays
à l’éthique déontologique est légitime car
fondateur ; il a cependant conduit à une certaine méance vis—à—vis de l’éthique
_
utilitariste dont le point de vue peut parfois conduire à des propositions
contraires à l’éthique déontologique.
C’est pourquoi, dans une telle grille de percepti0n éthique, le dévelop'
"
pement d’argumentaires de type utilitariste est souvent perçu
comme du
°
…
cynisme ou de l’affairisme. Il serait pourtant utile,
dans une question comme
-
celle des rapports entre le nucléaire
et l’écologie, de considérer les apports
de pertinence que permet
éthique
de nature utili‘ta‘1‘iste7
‘
…
‘
» jean—LOuis Serre
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radioactifs étrangers, prend toute sa signication éthique et pratique. En
choisissant un mode de connement et de stockage accessible (au contraire,
par exemple, de ce que serait un enfouissement lointain irréversible), on
choisit sans doute un mode de stockage plus proche du milieu présent, et
donc plus risqué pour le présent, mais on permet aux générations 1tures
d’être comme nous, dans la situation de choisir et d’agir, et non de subir un
choix irréversible s’il se révélait plus négatif à leur époque qu’à la nôtre.
D’un point de vue pratique, qui sait, en effet, si la transmutation ne deviendra
pas dans le futur un moyen efcace et sûr de récupérer l’énergie stockée par
les ancêtres qui l’avaient, légitimement ou non (peu importe), délaissée à
Creys—Malville, ou si la récupération du stock de matières ssiles ne sera pas
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d’un intérêt pour une opération spatiale ?
Dans un pays comme la France, fortement attaché àla tradition de l’éthique
déontologique, qui renvoie à tant de textes fondateurs des lumières et dont
sont tirés des principes constitutionnels, des principes et des pratiques juri—
diques ou des grilles de lecture et de perception morales, il n’est pas étonnant
que
tout ce qui touche àla personne humaine soit conçu en rapport presque
exclusif à la déontologie. C’est à ce rapport étroit avec l’éthique déontologique qu’il convient de rattacher des débats comme Ceux sur l’IVG ou
l’euthanasie, qui connurent moins d’intensité dans des pays plus
sensibles à
l’éthique utilitariste.
L’attachement de notre pays
à l’éthique déontologique est légitime car
fondateur ; il a cependant conduit à une certaine méance vis—à—vis de l’éthique
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utilitariste dont le point de vue peut parfois conduire à des propositions
contraires à l’éthique déontologique.
C’est pourquoi, dans une telle grille de percepti0n éthique, le dévelop'
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pement d’argumentaires de type utilitariste est souvent perçu
comme du
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cynisme ou de l’affairisme. Il serait pourtant utile,
dans une question comme
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celle des rapports entre le nucléaire
et l’écologie, de considérer les apports
de pertinence que permet
éthique
de nature utili‘ta‘1‘iste7
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» jean—LOuis Serre
