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Ri«i<;_-\Rns <:R()isiï;s st‘R 1.1{s Ql‘liS'l‘lt)Ï\‘S u’1îrmot‘r.
Les missions d’enquête épidémiologique
ont ofciellement intégré des
experts non Francais et des représentants d’associations non gouvernemen—
tales comme le GSlEN (Groupement des scientiques pour l’infOrmation
sur l’énergie nucléaire) ou l’Acro (Association pour
le contrôle de la radio—
activité dans l’Ouest). Ils ont tous reconnu l’intérêt et le sérieux des analyses,
même s’ils n’ont pas
tous partagé l’avis nal selon lequel les mesures de
contamination pouvaient permettre
d’atteindre entre (),00009 et 0,027 cas
supplémentaire, selon différents modèles (notamment de chaines alimentaires), ce qui est donc très loin des deux cas supplémentaires en cause. Il
est intéressant de voir comment le fonctionnement de ce groupe d’experts,
calqué sur celui d’un groupe
de même nature en Grande—Bretagne avec
lequel il a confronté ses résultats pour
aboutir à des conclusions similaires,
a permis non seulement d’apporter une réponse (dénitive ?) à une question
ponctuelle mais bien plus de former une première ossature d’une structure
de transparence dans la gestion des risques. Par voie de conséquence, il est
un
moyen
de légitimation éthique de l’activité de retraitement, puisqu’il
s’agit, en associant tous les partenaires, de vérier le principe d’utilité en
mesurant, pour
les contrôler, voire les diminuer si besoin était, les risques
de l’action sur la santé de l’homme et son milieu. Ceci est très exemplaire
car, en dénitive, la démarche et ses résultats rendent complètement vaine
l’argumentation de l’Acro : pourjustier son désaccord avec les conclusions
de l’enquête, l’association développe l’argument spécieux selon lequel, si
on n’a pas apporté la preuve que les rejets de l’usine de retraitement sont
responsables de l’excès observé de leucémies, on n’a pas non plus apporté
la preuve qu’ils ne l’étaient pas.
Enn, au—delà de cette question, il est quand même assez piquant pour
un biologiste de constater l’émoi de l’opinion quand il s’agit de comprendre
un excès de quelques cas de leucémies, vis—à—vis desquels il semble difcile
d’imaginer une stratégie de prévention autre qu’un dépistage efcace
puisque la causalité demeure inconnue, alors qu’il existe pour
les quelques
milliers de cancers supplémentaires induits par l’utilisation du gazole (source
d'énergie absolument polluante mais prisée des Français) des contre—mesures
tout à fait efcaces et toujours différées. Une attitude éthique consiste
aussi, sans négliger la valeur absolue des risques, de remettre les risques en
perspective.
Ri«i<;_-\Rns <:R()isiï;s st‘R 1.1{s Ql‘liS'l‘lt)Ï\‘S u’1îrmot‘r.
Les missions d’enquête épidémiologique
ont ofciellement intégré des
experts non Francais et des représentants d’associations non gouvernemen—
tales comme le GSlEN (Groupement des scientiques pour l’infOrmation
sur l’énergie nucléaire) ou l’Acro (Association pour
le contrôle de la radio—
activité dans l’Ouest). Ils ont tous reconnu l’intérêt et le sérieux des analyses,
même s’ils n’ont pas
tous partagé l’avis nal selon lequel les mesures de
contamination pouvaient permettre
d’atteindre entre (),00009 et 0,027 cas
supplémentaire, selon différents modèles (notamment de chaines alimentaires), ce qui est donc très loin des deux cas supplémentaires en cause. Il
est intéressant de voir comment le fonctionnement de ce groupe d’experts,
calqué sur celui d’un groupe
de même nature en Grande—Bretagne avec
lequel il a confronté ses résultats pour
aboutir à des conclusions similaires,
a permis non seulement d’apporter une réponse (dénitive ?) à une question
ponctuelle mais bien plus de former une première ossature d’une structure
de transparence dans la gestion des risques. Par voie de conséquence, il est
un
moyen
de légitimation éthique de l’activité de retraitement, puisqu’il
s’agit, en associant tous les partenaires, de vérier le principe d’utilité en
mesurant, pour
les contrôler, voire les diminuer si besoin était, les risques
de l’action sur la santé de l’homme et son milieu. Ceci est très exemplaire
car, en dénitive, la démarche et ses résultats rendent complètement vaine
l’argumentation de l’Acro : pourjustier son désaccord avec les conclusions
de l’enquête, l’association développe l’argument spécieux selon lequel, si
on n’a pas apporté la preuve que les rejets de l’usine de retraitement sont
responsables de l’excès observé de leucémies, on n’a pas non plus apporté
la preuve qu’ils ne l’étaient pas.
Enn, au—delà de cette question, il est quand même assez piquant pour
un biologiste de constater l’émoi de l’opinion quand il s’agit de comprendre
un excès de quelques cas de leucémies, vis—à—vis desquels il semble difcile
d’imaginer une stratégie de prévention autre qu’un dépistage efcace
puisque la causalité demeure inconnue, alors qu’il existe pour
les quelques
milliers de cancers supplémentaires induits par l’utilisation du gazole (source
d'énergie absolument polluante mais prisée des Français) des contre—mesures
tout à fait efcaces et toujours différées. Une attitude éthique consiste
aussi, sans négliger la valeur absolue des risques, de remettre les risques en
perspective.
