Le long chapitre « Cerveau » de la seconde partie des Éléments, à la différence de plusieurs autres, se détache remarquablement de Haller que Diderot, en général, à suivi de près dans
ses exposés anatomiques. L’article « Cerveau » de l’Encyclopédie, de P. Tarin, mentionne la doctrine de Malpighi d’un cerveauglandule à structure folliculaire, à côté de celle de Ruysch,
comme étant « deux systèmes sur la structure du cerveau » qui
suppléent, avec l’imagination, ce qu’on ne peut apercevoir par les
yeux:
Ces deux auteurs diffèrent donc en ceci: Malpighi admet entre
l’extrémité des vaisseaux qui forment la substance corticale, et
l’extrémité de ceux qui forment la médullaire, des follicules
glanduleux: Ruysch au contraire prétend que les extrémités des
vaisseaux de la substance corticale sont continues aux extrémités
des vaisseaux de la médullaire: mais ni l’un ni l’autre système
n’est appuyé d’assez fortes raisons pour nous faire décider en
faveur de l’un plutôt que de l’autre: nous renvoyons à l’article
DURE-MÈRE, la fameuse question sur son mouvement et sur celui
du cerveau; et à l’article ESPRIT, celle des esprits animaux (Enc.
II, p. 863b)
127 .
La description de Tarin se termine, comme chez Diderot et à la
différence de Haller (dans le chapitre Phænomena vivi cerebri des
Elementa), sur la question du rapport avec la pensée et l’âme. Et la
position de Diderot est bien plus proche de celle Tarin que de Haller, si l’on considère les thèses du Rêve de D’Alembert et de la troisième partie des Éléments. Le médecin encyclopédiste affirme:
Quoi qu’il en soit, les Philosophes regardent le cerveau comme
l’organe de nos pensées. M. Astruc va plus loin: il prétend
rendre raison des phénomènes du raisonnement et du jugement,
127 Enc. II, p. 862a: «CERVEAU, s. m. (Anatom.) ou ce qu’on appelle vulgairement la cervelle, est le nom qu’on a donné en général à toute la masse molle,
en partie grisâtre, en partie blanchâtre, qui est renfermée dans le crâne, laquelle
est la source de nos sens, et où l’on prétend que l’âme réside d’une manière particulière. Voyez CRÂNE et AME. Quand on a ouvert le crâne, on trouve une masse
qui en occupe toute la cavité, et qui est enveloppée de différentes membranes:
la première qui se présente c’est la dure-mère, qui revêt les os en dedans, et leur
sert de périoste: elle divise le cerveau en différentes parties au moyen de ses différents replis, dont les principaux sont la faux et la tente, etc. Sous cette membrane il s’en trouve une autre qui s’enfonce dans les anfractuosités du cerveau,
et qu’on appelle pie-mère. C’est dans les duplicatures qu’elle forme, en s’enfonçant dans les anfractuosités, que sont renfermés les vaisseaux du cerveau».
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