et non pas des mêmes classes d’êtres vivants, au sens « transformiste » évoqué plus haut. Avec la même signification et quelques
décennies plus tard, W. Goethe – disciple avoué du philosophe
112
– utilisera le même concept de « métamorphoses » dans ses études
de philosophie naturelle et de botanique: La Métamorphose des
plantes. Formation et transformation des natures organiques
(1790)
113 .
3.4. Organisation.
3.4. Le débat sur la sensibilité et l’irritabilité de la fibre.
3.4. A. von Haller
Diderot ne dispose donc pas d’« une théorie causale de l’apparition des espèces, de leur variété, de leur parenté » (Jacob).
Cependant, comme on l’a dit, il offre des aperçus intéressants sur
le rapport entre les fonction et les besoins organiques non seulement dans le développement d’organes d’animaux déterminés
(C4) mais aussi dans le comportement de l’animal lui-même
(C6), où l’interaction de l’individu avec son milieu naturel joue
un rôle essentiel. C’est le cas du paragraphe de la première partie,
sur la « Morale des animaux ». Diderot y donne l’exemple de
l’hirondelle qui construit son nid pour le soin et l’élevage de sa
progéniture. Il semblerait que l’on puisse induire de ce comportement l’existence d’un finalisme, d’une morale propre des animaux en général, dans l’acte de préserver la descendance
biologique, de l’élever, la protéger etc. En réalité, observe Diderot, ce comportement est déterminé, nécessité de façon incoercible par des lois de nature qui définissent les limites des espèces
et des individus dans leur comportement propre, en dehors de
112 Cf. H. Dieckmann, « Goethe und Diderot », in Deutsche Vierteljahresschrift für Literaturwissenschaft und Geistesgeschichte, Berlin, Heft 3, 1932,
pp. 478-503; R. Mortier, Diderot en Allemagne, Paris, 1954 [Genève, 1986];
P. Grappin, Goethe et les philosophes français du XVIII
e siècle, dans Goethe et
l’esprit français, Actes, Paris, 1958, pp. 211-218; G. Vasco, Diderot and
Goethe: a study in science and humanism, Préface d’A. Vartanian, Paris, 1978.
113 Cf. W. Goethe, Morphologische Hefte. Zur Morphologie. Bildung und
Umbildung organischer Naturen, dans Die Schriften zur Naturwissenschaft,
Bd. 9, Weimar, 1954, p. 5 ss. ; La Métamorphose des plantes, éd. fr. H. Bideau,
Paris, 1975, p. 69-70; cf. aussi L’Essai sur la peinture de Diderot (1799), dans
Ecrits sur l’art, éd. fr. J.-M. Schaeffer, Paris, 1983, p. 185; notre: La pensée critique de Diderot cit., chap. 6.2.6, pp. 326-328: « L’avenir de l’Interprétation,
entre humanisme et naturalisme ».
INTRODUCTION
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décennies plus tard, W. Goethe – disciple avoué du philosophe
112
– utilisera le même concept de « métamorphoses » dans ses études
de philosophie naturelle et de botanique: La Métamorphose des
plantes. Formation et transformation des natures organiques
(1790)
113 .
3.4. Organisation.
3.4. Le débat sur la sensibilité et l’irritabilité de la fibre.
3.4. A. von Haller
Diderot ne dispose donc pas d’« une théorie causale de l’apparition des espèces, de leur variété, de leur parenté » (Jacob).
Cependant, comme on l’a dit, il offre des aperçus intéressants sur
le rapport entre les fonction et les besoins organiques non seulement dans le développement d’organes d’animaux déterminés
(C4) mais aussi dans le comportement de l’animal lui-même
(C6), où l’interaction de l’individu avec son milieu naturel joue
un rôle essentiel. C’est le cas du paragraphe de la première partie,
sur la « Morale des animaux ». Diderot y donne l’exemple de
l’hirondelle qui construit son nid pour le soin et l’élevage de sa
progéniture. Il semblerait que l’on puisse induire de ce comportement l’existence d’un finalisme, d’une morale propre des animaux en général, dans l’acte de préserver la descendance
biologique, de l’élever, la protéger etc. En réalité, observe Diderot, ce comportement est déterminé, nécessité de façon incoercible par des lois de nature qui définissent les limites des espèces
et des individus dans leur comportement propre, en dehors de
112 Cf. H. Dieckmann, « Goethe und Diderot », in Deutsche Vierteljahresschrift für Literaturwissenschaft und Geistesgeschichte, Berlin, Heft 3, 1932,
pp. 478-503; R. Mortier, Diderot en Allemagne, Paris, 1954 [Genève, 1986];
P. Grappin, Goethe et les philosophes français du XVIII
e siècle, dans Goethe et
l’esprit français, Actes, Paris, 1958, pp. 211-218; G. Vasco, Diderot and
Goethe: a study in science and humanism, Préface d’A. Vartanian, Paris, 1978.
113 Cf. W. Goethe, Morphologische Hefte. Zur Morphologie. Bildung und
Umbildung organischer Naturen, dans Die Schriften zur Naturwissenschaft,
Bd. 9, Weimar, 1954, p. 5 ss. ; La Métamorphose des plantes, éd. fr. H. Bideau,
Paris, 1975, p. 69-70; cf. aussi L’Essai sur la peinture de Diderot (1799), dans
Ecrits sur l’art, éd. fr. J.-M. Schaeffer, Paris, 1983, p. 185; notre: La pensée critique de Diderot cit., chap. 6.2.6, pp. 326-328: « L’avenir de l’Interprétation,
entre humanisme et naturalisme ».
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