1766)
106 , qui avaient été utilisées aussi par l’abbé Spallanzani
pour les animalcules de la farine, et les essais de Felice Fontana
qui publia, en 1775, un Saggio di osservazioni sopra il falso
Ergot e Tremella, où il prétendit démontrer le caractère organique, et donc « animable », des spores d’une certaine variété de
froment
107 . Diderot commente:
En pétrissant longtemps la pâte et l’arrosant souvent d’eau, on lui
ôte la nature végétale et on l’approche tellement de la nature animale, que par l’analyse elle en donne les produits (mem. de
l’acad. de Bologne) (infra, p. 111, mes italiques) .
Le premier postulat du vitalisme matérialiste diderotien – la
matière est douée d’une force propre, ou énergie interne, vis
insita vel propria (Haller) capable de transmettre le mouvement
et l’organisation de soi-même, sans interventions externes –
repose sur la prémisse que la composante-temps joue un rôle de
variable indépendante qui sous-tend les processus de développement des formes de vie, du simple au complexe, à travers la dialectique fonction-besoin. Dans le long paragraphe sur la
Génération des animaux (Partie I, chapitre « Animal ») se fait
jour, premièrement, la perspective de la transformation des caractéristiques ontogénétiques des individus. Diderot est, comme toujours, dès l’époque de l’Interprétation de la nature (1753), un
partisan de l’épigenèse contre l’hypothèse de la préformation des
germes:
Les parties défaillantes sont réparées, dans les animaux, sans le
secours d’aucun germe préexistant. Le cœur, qui d’abord n’est
qu’un canal, devient viscère à deux ventricules, à deux
oreillettes: il y a un fluide produisant par humeur seule, dents,
muscles, serres de l’écrevisse.
Les cornus en naissant n’ont point de cornes; elles viennent
nécessairement avec le temps et ainsi de toutes les autres parties
106 Médecin, naturaliste et chimiste italien, il travailla à l’Université de
Bologne où il était professeur. Il fit des études et des expériences importantes
dans différents domaines de la philosophia naturalis, notamment, des études sur
l’activité sexuelle des animaux et sur la composition chimique du lait et du froment. Sa découverte du gluten, que Diderot mentionne au paragraphe « Contiguïté du règne végétal et du règne animal » (infra, p. 111), date précisément
1742.
107 Infra, pp. 111-115.
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