d) La position qu’on peut définir « fataliste », aussi bien en
morale qu’en physique, c’est-à-dire un nécessitarisme ou
déterminisme général qui caractérise ce domaine unique et
unifié de la naturalité.
A l’époque moderne, sur ce terrain – et bien avant l’analyse
philosophique développée dans les Éléments –, surgit le concept
de « loi de nature » sur la base des mathématiques. On assiste à la
naissance du problème, qui lui est intimement lié, de l’objectivité
scientifique fondée sur le rapport pensée-monde, sujet-objet.
C’est la question, aussi, du lien de l’analyticité et de la synthéticité dans les jugements de connaissance. Ces deux problèmes au
XVIII
e siècle s’accompagnent de la définition lente, mais de plus
en plus précise, d’une nature organique en devenir soumise à des
lois « architectoniques ».
La science de la nature cartésienne qui s’est confrontée à ce
nouveau projet, était fondée encore, et essentiellement, sur l’analyticité de ses propositions fondamentales. «(A) la matière est
étendue (B)», c’est une proposition analytique: la représentation
(B) est déjà contenue, avec son concept, dans la représentation
(A) et je ne puis me représenter de la matière sans la penser aussi
en tant qu’étendue. Ce principe premier de l’analyse n’élargit pas
la connaissance que j’ai du monde naturel au-delà du donné. Ce
n’est qu’une simple description de faits plus ou moins certains et
évidents. Huygens n’as pas manqué d’observer, ironiquement,
que celle de Descartes, de ce point de vue, n’était qu’« un roman
de la physique ».
Avec la science newtonienne et le rejet des synthèses systématiques, des hypothèses ad hoc dans l’argumentation scientifique, s’introduit l’exigence d’une nouvelle synthéticité
relative aux propositions concernant la nature physique en
général. Les théories physiques doivent étendre la connaissance au-delà du simple donné observable, le phénomène descriptible, elles doivent pouvoir nous permettre de prévoir des
phénomènes inconnus. La formule célèbre de l’inverse du
carré des distances :
m
1 • m
2
(A) F = (C) k • (B) –––––––
r
2
cette formule de la loi de gravitation universelle est douée de
cette synthéticité formelle qui étend notre connaissance au-delà
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INTRODUCTION
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 64
morale qu’en physique, c’est-à-dire un nécessitarisme ou
déterminisme général qui caractérise ce domaine unique et
unifié de la naturalité.
A l’époque moderne, sur ce terrain – et bien avant l’analyse
philosophique développée dans les Éléments –, surgit le concept
de « loi de nature » sur la base des mathématiques. On assiste à la
naissance du problème, qui lui est intimement lié, de l’objectivité
scientifique fondée sur le rapport pensée-monde, sujet-objet.
C’est la question, aussi, du lien de l’analyticité et de la synthéticité dans les jugements de connaissance. Ces deux problèmes au
XVIII
e siècle s’accompagnent de la définition lente, mais de plus
en plus précise, d’une nature organique en devenir soumise à des
lois « architectoniques ».
La science de la nature cartésienne qui s’est confrontée à ce
nouveau projet, était fondée encore, et essentiellement, sur l’analyticité de ses propositions fondamentales. «(A) la matière est
étendue (B)», c’est une proposition analytique: la représentation
(B) est déjà contenue, avec son concept, dans la représentation
(A) et je ne puis me représenter de la matière sans la penser aussi
en tant qu’étendue. Ce principe premier de l’analyse n’élargit pas
la connaissance que j’ai du monde naturel au-delà du donné. Ce
n’est qu’une simple description de faits plus ou moins certains et
évidents. Huygens n’as pas manqué d’observer, ironiquement,
que celle de Descartes, de ce point de vue, n’était qu’« un roman
de la physique ».
Avec la science newtonienne et le rejet des synthèses systématiques, des hypothèses ad hoc dans l’argumentation scientifique, s’introduit l’exigence d’une nouvelle synthéticité
relative aux propositions concernant la nature physique en
général. Les théories physiques doivent étendre la connaissance au-delà du simple donné observable, le phénomène descriptible, elles doivent pouvoir nous permettre de prévoir des
phénomènes inconnus. La formule célèbre de l’inverse du
carré des distances :
m
1 • m
2
(A) F = (C) k • (B) –––––––
r
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cette formule de la loi de gravitation universelle est douée de
cette synthéticité formelle qui étend notre connaissance au-delà
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