(Amsterdam, 1748)
89 , ou Jean-Baptiste René Robinet auteur
d’un De la nature (Amsterdam, 1761) et d’autres ouvrages
90
dont Diderot fera le compte-rendu pour la Correspondance littéraire de M. Grimm. Le principe de temporalisation dans le
manuscrit SP prend cependant une couleur philosophique et
anthropologique particulière, qui marque de façon originale le
nouveau rapport qui s’instaure entre la nature de l’homme et
l’histoire naturelle générale.
Il faut d’abord constater l’acquis, même controversé, des résultats des expériences de l’abbé Lazzaro Spallanzani (1729-1799) sur
les infusoires, qui réfutaient les thèses de J. T. Needham (17131781) sur la « force végétative » de la matière organique
91
. Spallanzani avait démontré – dans le sillage de la réfutation des générations
spontanées par F. Redi (1626-1698) au XVII
e siècle, dans l’ouvrage
Esperienze intorno alla generazione degl’insetti (Firenze, 1668) –
que la vie organique ne peut s’engendrer qu’à partir d’une vie préexistante. Diderot connut tardivement – sans doute après Le Rêve de
D’Alembert – les œuvres de Spallanzani qui mettaient en crise l’hypothèse épigéniste et ouvraient de nouvelles perspectives aux spéculations philosophiques. Le Saggio di osservazioni microscopiche
concernenti il sistema della generazione de’ signori di Needham e
Buffon (Modena, 1765) ne lui était pas connu au moment de la
rédaction du Rêve. Spallanzani avait démontré par des expériences
précises et avec des arguments incontestables que cette « force
végétative » ou expansive de la matière organique, postulée par
89 Cf. G. Mori, « Benoît de Maillet et son traité ‘Sur la nature de l’âme’.
Avec une édition des Sentiments des philosophes sur la nature de l’âme», dans
La Lettre clandestine, n° 4, 1995, pp. 13-29: l’auteur appartient à la tradition de
la pensée libertine et clandestine des XVII
e et XVIII
e siècles que Diderot
connaissait bien.
90 Cf. aussi, du même, les Considérations philosophiques de la gradation
naturelle des formes de l’être, ou les Essais de la nature qui apprend à faire
l’homme, Paris, 1768, un ouvrage que Diderot commente, et qui est caractérisé
par un finalisme métaphysique suivant lequel tous les « efforts », les « tentatives », les « tendances » du monde naturel seraient adressés au but ultime: la
« production » de l’espèce humaine.
91 J. T. Needham, Nouvelles observations microscopiques, avec des découvertes intéressantes sur la composition et la décomposition des corps organisés,
Paris, 1750; cf. W. Bernardi, Fisiologia e mondo della vita, dans P. Rossi (éd.),
Storia della scienza moderna e contemporanea, Milano, 2000, vol. I, to. I,
pp. 375-400.
INTRODUCTION
53
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 53
89 , ou Jean-Baptiste René Robinet auteur
d’un De la nature (Amsterdam, 1761) et d’autres ouvrages
90
dont Diderot fera le compte-rendu pour la Correspondance littéraire de M. Grimm. Le principe de temporalisation dans le
manuscrit SP prend cependant une couleur philosophique et
anthropologique particulière, qui marque de façon originale le
nouveau rapport qui s’instaure entre la nature de l’homme et
l’histoire naturelle générale.
Il faut d’abord constater l’acquis, même controversé, des résultats des expériences de l’abbé Lazzaro Spallanzani (1729-1799) sur
les infusoires, qui réfutaient les thèses de J. T. Needham (17131781) sur la « force végétative » de la matière organique
91
. Spallanzani avait démontré – dans le sillage de la réfutation des générations
spontanées par F. Redi (1626-1698) au XVII
e siècle, dans l’ouvrage
Esperienze intorno alla generazione degl’insetti (Firenze, 1668) –
que la vie organique ne peut s’engendrer qu’à partir d’une vie préexistante. Diderot connut tardivement – sans doute après Le Rêve de
D’Alembert – les œuvres de Spallanzani qui mettaient en crise l’hypothèse épigéniste et ouvraient de nouvelles perspectives aux spéculations philosophiques. Le Saggio di osservazioni microscopiche
concernenti il sistema della generazione de’ signori di Needham e
Buffon (Modena, 1765) ne lui était pas connu au moment de la
rédaction du Rêve. Spallanzani avait démontré par des expériences
précises et avec des arguments incontestables que cette « force
végétative » ou expansive de la matière organique, postulée par
89 Cf. G. Mori, « Benoît de Maillet et son traité ‘Sur la nature de l’âme’.
Avec une édition des Sentiments des philosophes sur la nature de l’âme», dans
La Lettre clandestine, n° 4, 1995, pp. 13-29: l’auteur appartient à la tradition de
la pensée libertine et clandestine des XVII
e et XVIII
e siècles que Diderot
connaissait bien.
90 Cf. aussi, du même, les Considérations philosophiques de la gradation
naturelle des formes de l’être, ou les Essais de la nature qui apprend à faire
l’homme, Paris, 1768, un ouvrage que Diderot commente, et qui est caractérisé
par un finalisme métaphysique suivant lequel tous les « efforts », les « tentatives », les « tendances » du monde naturel seraient adressés au but ultime: la
« production » de l’espèce humaine.
91 J. T. Needham, Nouvelles observations microscopiques, avec des découvertes intéressantes sur la composition et la décomposition des corps organisés,
Paris, 1750; cf. W. Bernardi, Fisiologia e mondo della vita, dans P. Rossi (éd.),
Storia della scienza moderna e contemporanea, Milano, 2000, vol. I, to. I,
pp. 375-400.
INTRODUCTION
53
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 53
