dans la deuxième édition anglaise
63
. Cullen était devenu fameux
en Europe pour ses capacités « pratiques » d’habile chirurgien et
chimiste
64
. Diderot en tire peut-être des renseignements qui lui
sont utiles en ce qui concerne les effets des inflammations et les
maladies du tissu cellulaire (infra, p. 166). Cullen enseigna la
chimie à Edinburgh jusqu’à la mort de Robert Whytt (17141766), qu’il remplaça à la chaire de médecine. Whytt est l’autre
auteur contemporain écossais de la liste. Médecin vitaliste plus
célèbre que Cullen à l’époque, Diderot lira son An Essay on the
Vital and other involuntary motions of Animals, (Edinburgh,
1751), mais aussi, vraisemblablement, les Essais physiologiques
contenant: I. des Recherches sur les causes du mouvement des
fluides dans les très petits vaisseaux des animaux; II. des Observations sur la sensibilité et sur l’irritabilité des parties du corps
animal à l’occasion du Mémoire de M. Haller sur ce sujet (Paris,
1759) et l’ouvrage Les Vapeurs et maladies nerveuses, hypocondriaques, ou hystériques. Reconnues et traitées dans les deux
Sexes (Paris, 1767) réédité dix ans après comme le Traité des
maladies nerveuses, hypocondriaques et hystériques (Paris,
1777), dont la première édition anglaise avait pour titre: Observations on the Nature, Causes, and Cure of those Disorders
which have been commonly called Nervous, Hypochondriac, or
Hysteric, to which are prefixed some remarks on the sympathy of
the nerves (Edinburgh, 1765). Diderot était intéressé par les
maladies nerveuses comme par les mouvements physiques involontaires – les réflexes
65 – parce qu’ils mettaient en cause les problèmes philosophiques relatifs à la détermination et à la liberté
humaines. Whytt, qui était foncièrement stahlien, présente un
cadre complet de faits qui, d’après lui, témoignaient l’action
incoercible, inconsciente, du Principe vital (l’âme), en tant que
gouverneur du corps et facteur de « sympathie » parmi les
organes. Dans ce cadre, comme le remarque G. Canguilhem, « il
apparaît donc nécessaire que l’âme participe à la production du
63 La première édition française parut seulement en 1785, avec le titre
d’Institutions de médecine pratique, traduites sur la quatrième et dernière édition de l’ouvrage anglais de M. Cullen... par M. Pinel.
64 Cf. A. Doig, et al. (éds.), William Cullen and the Eighteenth Century
Medical World, Edinburgh, 1993.
65 Cf. G. Canguilhem, La formation du concept de réflexe aux XVII
e et
XVIII
e siècles, Paris, 1955, pp. 101-107.
INTRODUCTION
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