La politique.
L’érudition.
Esprits qui devancent leur siècle.
Talents qui naissent trop tard
14
.
L’esprit systématique
et
la philosophie régnante
15
.
L’épicurisme.
Le stoïcisme.
Le platonisme.
Le cynisme.
Le pyrrhonisme.
L’athéisme.
L’indifférence.
14 Supra, Partie I, chap. III, p. 144: « Homme. Raison».
15 Il faut rappeler la valeur aussi positive que Diderot et D’Alembert donnent à ce concept d’« esprit systématique », par opposition à l’« esprit de système » des métaphysiciens du XVII
e siècle mentionnés (Berkeley), qu’on peut
reconduire à « la philosophie régnante »; cf. Enc. I, Discours préliminaire,
p. vj et xxxj: « Ce n’est donc point par des hypothèses vagues et arbitraires que
nous pouvons espérer de connaître la Nature; c’est par l’étude réfléchie des phénomènes, par la comparaison que nous ferons des uns avec les autres, par l’art
de réduire, autant qu’il sera possible, un grand nombre de phénomènes à un seul
qui puisse en être regardé comme le principe. En effet, plus on diminue le
nombre des principes d’une science, plus on leur donne d’étendue; puisque
l’objet d’une science étant nécessairement déterminé, les principes appliqués à
cet objet seront d’autant plus féconds qu’ils seront en plus petit nombre. Cette
réduction, qui les rend d’ailleurs plus faciles à saisir, constitue le véritable esprit
systématique qu’il faut bien se garder de prendre pour l’esprit de système, avec
lequel il ne se rencontre pas toujours […]. L’esprit de Système est dans la Physique ce que la Métaphysique est dans la Géométrie. S’il est quelquefois nécessaire pour nous mettre dans le chemin de la vérité, il est presque toujours
incapable de nous y conduire par lui-même. Eclairé par l’observation de la
Nature, il peut entrevoir les causes des phénomènes: mais c’est au calcul à assurer pour ainsi dire l’existence de ces causes, en déterminant exactement les
effets qu’elles peuvent produire, et en comparant ces effets avec ceux que l’expérience nous découvre. Toute hypothèse dénuée d’un tel secours acquiert rarement ce degré de certitude, qu’on doit toujours chercher dans les Sciences
naturelles, et qui néanmoins se trouve si peu dans ces conjectures frivoles qu’on
honore du nom de Systèmes ».
AUTOGRAPHE SUR LA PHYSIOLOGIE
379
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 379
L’érudition.
Esprits qui devancent leur siècle.
Talents qui naissent trop tard
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L’esprit systématique
et
la philosophie régnante
15
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L’épicurisme.
Le stoïcisme.
Le platonisme.
Le cynisme.
Le pyrrhonisme.
L’athéisme.
L’indifférence.
14 Supra, Partie I, chap. III, p. 144: « Homme. Raison».
15 Il faut rappeler la valeur aussi positive que Diderot et D’Alembert donnent à ce concept d’« esprit systématique », par opposition à l’« esprit de système » des métaphysiciens du XVII
e siècle mentionnés (Berkeley), qu’on peut
reconduire à « la philosophie régnante »; cf. Enc. I, Discours préliminaire,
p. vj et xxxj: « Ce n’est donc point par des hypothèses vagues et arbitraires que
nous pouvons espérer de connaître la Nature; c’est par l’étude réfléchie des phénomènes, par la comparaison que nous ferons des uns avec les autres, par l’art
de réduire, autant qu’il sera possible, un grand nombre de phénomènes à un seul
qui puisse en être regardé comme le principe. En effet, plus on diminue le
nombre des principes d’une science, plus on leur donne d’étendue; puisque
l’objet d’une science étant nécessairement déterminé, les principes appliqués à
cet objet seront d’autant plus féconds qu’ils seront en plus petit nombre. Cette
réduction, qui les rend d’ailleurs plus faciles à saisir, constitue le véritable esprit
systématique qu’il faut bien se garder de prendre pour l’esprit de système, avec
lequel il ne se rencontre pas toujours […]. L’esprit de Système est dans la Physique ce que la Métaphysique est dans la Géométrie. S’il est quelquefois nécessaire pour nous mettre dans le chemin de la vérité, il est presque toujours
incapable de nous y conduire par lui-même. Eclairé par l’observation de la
Nature, il peut entrevoir les causes des phénomènes: mais c’est au calcul à assurer pour ainsi dire l’existence de ces causes, en déterminant exactement les
effets qu’elles peuvent produire, et en comparant ces effets avec ceux que l’expérience nous découvre. Toute hypothèse dénuée d’un tel secours acquiert rarement ce degré de certitude, qu’on doit toujours chercher dans les Sciences
naturelles, et qui néanmoins se trouve si peu dans ces conjectures frivoles qu’on
honore du nom de Systèmes ».
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