L’ouverture des cadavres serait très avantageuse aux progrès
de la médecine. Tel, dit M. de la Mettrie, a pris une hydropisie
enkystée dans la duplication du péritoine, pour une hydropisie
ordinaire, qui eût toujours commis cette erreur, si la dissection ne
l’eût éclairé
92
. Mais pour trouver les causes des maladies par l’ouverture des cadavres, il ne faudrait pas se contenter d’un examen
superficiel; il faudrait fouiller les viscères et remarquer attentivement les accidents produits dans chacun et dans toute l’économie
animale; car un corps mort diffère plus encore au-dedans d’un
corps vivant, qu’il n’en diffère à l’extérieur
93
. La conservation
des hommes et les progrès de l’art de les guérir, sont des objets si
importants, que dans une société bien policée les prêtres ne
devraient recevoir les cadavres que des mains de l’anatomiste, et
qu’il devrait y avoir une loi qui défendit l’inhumation d’un corps
avant son ouverture. Quelle foule de connaissances n’acquerraiton pas, par ce moyen? Combien de phénomènes qu’on ne soupçonne pas, et qu’on ignore toujours, parce qu’il n’y a que la
dissection fréquente des cadavres qui puisse les faire apercevoir !
La conservation de la vie est un objet dont les particuliers s’occupent assez, mais qui me semble trop négligé par la société
94
.
enclos publics et aux châtiments de la police, pour s’emparer de corps à demi
pourris, et funestes à l’artiste qui les ouvre et à l’auditeur qui les approche,
Quand la science cesse de s’en occuper, que deviennent les restes? […] Et nous
nous appelons policés, et nous ignorons que plus une science qui ne s’apprend
point dans les livres est importante, plus les moyens de s’y perfectionner doivent être libres et multipliés !»; sur la dissection, cf. Peyrilhe, Histoire de la chirurgie cit., vol. II, pp. 528-530.
92 Cf. La Mettrie, Œuvres philosophiques cit., vol II, pp. 123 ss.
93 C’est l’assertion préalable qui inspire l’animata anatome de A.von Haller, Mémoires sur les parties sensibles et irritables du corps animal cit., vol. 1,
p. 17 ss. ; le physiologiste de Göttingen pratiquait systématiquement la vivisection comme méthode d’enquête sur l’économie animale; celle-ci devait être réalisée in vivo, sur un modèle « animé », pour être efficace; Introduction, 3.4.
94 Cf. Enc. II, p. 511a : « Il est pourtant nécessaire que les magistrats ferment
jusqu’à un certain point les yeux sur cet abus [le déterrement des morts pour en
faire la dissection], qui produit un bien considérable. Les cadavres sont les seuls
livres où on puisse bien étudier l’Anatomie. Voyez Anatomie. (O) *L’ouverture
des cadavres ne serait pas moins avantageuse aux progrès de la Médecine; tel,
dit M. de la Mettrie, a pris une hydropisie enkystée dans la duplication du péritoine, pour une hydropisie ordinaire, qui eût toujours commis cette erreur, si la
dissection ne l’eût éclaire: mais pour trouver les causes des maladies par l’ouverture des cadavres il ne faudrait pas se contenter d’un examen superficiel, il
faudrait souiller les viscères, et remarquer attentivement les accidents produits
PHÉNOMÈNES DU CERVEAU
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de la médecine. Tel, dit M. de la Mettrie, a pris une hydropisie
enkystée dans la duplication du péritoine, pour une hydropisie
ordinaire, qui eût toujours commis cette erreur, si la dissection ne
l’eût éclairé
92
. Mais pour trouver les causes des maladies par l’ouverture des cadavres, il ne faudrait pas se contenter d’un examen
superficiel; il faudrait fouiller les viscères et remarquer attentivement les accidents produits dans chacun et dans toute l’économie
animale; car un corps mort diffère plus encore au-dedans d’un
corps vivant, qu’il n’en diffère à l’extérieur
93
. La conservation
des hommes et les progrès de l’art de les guérir, sont des objets si
importants, que dans une société bien policée les prêtres ne
devraient recevoir les cadavres que des mains de l’anatomiste, et
qu’il devrait y avoir une loi qui défendit l’inhumation d’un corps
avant son ouverture. Quelle foule de connaissances n’acquerraiton pas, par ce moyen? Combien de phénomènes qu’on ne soupçonne pas, et qu’on ignore toujours, parce qu’il n’y a que la
dissection fréquente des cadavres qui puisse les faire apercevoir !
La conservation de la vie est un objet dont les particuliers s’occupent assez, mais qui me semble trop négligé par la société
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enclos publics et aux châtiments de la police, pour s’emparer de corps à demi
pourris, et funestes à l’artiste qui les ouvre et à l’auditeur qui les approche,
Quand la science cesse de s’en occuper, que deviennent les restes? […] Et nous
nous appelons policés, et nous ignorons que plus une science qui ne s’apprend
point dans les livres est importante, plus les moyens de s’y perfectionner doivent être libres et multipliés !»; sur la dissection, cf. Peyrilhe, Histoire de la chirurgie cit., vol. II, pp. 528-530.
92 Cf. La Mettrie, Œuvres philosophiques cit., vol II, pp. 123 ss.
93 C’est l’assertion préalable qui inspire l’animata anatome de A.von Haller, Mémoires sur les parties sensibles et irritables du corps animal cit., vol. 1,
p. 17 ss. ; le physiologiste de Göttingen pratiquait systématiquement la vivisection comme méthode d’enquête sur l’économie animale; celle-ci devait être réalisée in vivo, sur un modèle « animé », pour être efficace; Introduction, 3.4.
94 Cf. Enc. II, p. 511a : « Il est pourtant nécessaire que les magistrats ferment
jusqu’à un certain point les yeux sur cet abus [le déterrement des morts pour en
faire la dissection], qui produit un bien considérable. Les cadavres sont les seuls
livres où on puisse bien étudier l’Anatomie. Voyez Anatomie. (O) *L’ouverture
des cadavres ne serait pas moins avantageuse aux progrès de la Médecine; tel,
dit M. de la Mettrie, a pris une hydropisie enkystée dans la duplication du péritoine, pour une hydropisie ordinaire, qui eût toujours commis cette erreur, si la
dissection ne l’eût éclaire: mais pour trouver les causes des maladies par l’ouverture des cadavres il ne faudrait pas se contenter d’un examen superficiel, il
faudrait souiller les viscères, et remarquer attentivement les accidents produits
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