à ses lumières et à l’intrépidité avec laquelle il ordonne la saignée, la purgation, les eaux, les bains, les infusions, les décoctions et tout l’appareil de l’art de guérir, qui est si rarement
approprié aux grandes maladies et dont les grands médecins sont
si économes
85
.
Nature. Qu’est-ce que cet agent. Ce sont les efforts
B mêmes de
l’organe malade ou de toute la machine. Efforts conséquents au
malaise, pour s’en soulager. La nature fait en tout temps dans le
malade ce que le malaise de la machine exécute
C pendant le sommeil; elle se meut spontanément, s’agite jusqu’à ce qu’elle ait
trouvé la situation la plus commode, excepté dans la faiblesse
extrême ou la lassitude. Alors on est plus las à son réveil qu’en se
couchant, lorsque le malaise vient de la situation gênante des parties externes; s’il vient des internes, c’est autre chose.
D
Rien n’est plus contraire à la nature que la méditation habituelle ou l’état du savant. L’homme est né pour agir.
E
Sa santé
tient au mouvement
86
. Le mouvement vrai du système n’est pas
de se ramener constamment de ses extrémités au centre du faisceau, mais de se porter du centre aux extrémités des filets
87
. Tous
85 On entend, de nouveau, un écho de la théorie médicale « expectative » de
Th. De Bordeu, que Diderot avait assimilé dans sa lecture des Recherches anatomiques sur la position des glandes et sur leurs actions (1751) cit. et, surtout,
des Recherches sur les maladies chroniques (1775). Cette théorie conseillait au
médecin de se remettre d’abord à la nature et à l’hygiène, pour attendre que les
grandes maladies fassent leur cours.
B V: effets
C pendant le sommeil, qui spontanément se meut, s’agite…
D SYSTÈME AGISSANT À REBOURS. C’est que rien n’est plus contraire […] ou
l’état de savant.
E sa santé…mouvement aj. V.
86 Cf. La Mettrie, L’Homme-Machine, dans Œuvres philosophiques cit.,
vol. I, p. 92: « Nous n’avons pas originairement été faits pour être savants; c’est
peut-être par une espèce d’abus de nos facultés organiques que nous le sommes
devenus, et cela à la charge de l’État, qui nourrit une multitude de fainéants, que
la vanité a décorés du nom de Philosophes. La Nature nous a tous créés uniquement pour être heureux; oui tous, depuis le ver qui rampe jusqu’à l’aigle qui se
perd dans la nue. C’est pourquoi elle a donné à tous les animaux quelque portion de la Loi naturelle, portion plus ou moins exquise selon que le comportent
les organes bien conditionnés de chaque animal ».
87 Cf. Le Rêve cit., pp. 174-175: « Au sortir de cet état, on doit en effet être
épuisé de lassitude; c’est ce qui arrive quelquefois à cet homme qui est là. –
Cela est dangereux, qu’il y prenne garde. – Je ne cesse de le lui dire, mais il n’en
tient compte. – Il n’en est plus le maître, c’est sa vie; il faut qu’il en périsse. –
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PARTIE III
AL-962-02-Texte 1 9.6.2004 15:19 Page 352
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